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Sahara : Le réchauffement climatique affecte la migration des oiseaux
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| Posté par Touareg le 12/5/2009 1:44:58 (481 lectures) |
Le réchauffement climatique affecte la migration des oiseaux. Une étude britannique dont les résultats ont été publiés dans le Journal of Biogeography, indique que les trajets pourraient s’allonger d’ici le siècle prochain.
L’impact du réchauffement climatique sur toute forme de vie sur terre n’est plus à démontrer ici. Cette étude menée par Stephen Willis de l’Université de Durham (Grande-Bretagne) met une fois de plus l’accent sur les conséquences dévastatrices de ce phénomène sur les différentes espèces d’oiseaux migrateurs en étudiant particulièrement le cas des fauvettes. Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont examiné les trajets de migration de différentes espèces de fauvettes.
Les modèles informatiques qu’ils ont établis leur ont permis de déterminer les zones de reproduction des oiseaux qui se seraient décalées un peu plus au nord alors que leurs zones d’hivernage se maintiendraient aux mêmes endroits. Il découle de leurs simulations que 9 des 17 espèces de fauvettes dont celles qui traversent le Sahara, verront leurs parcours de migration s’allonger, ce qui constituerait une grande menace pour eux.
Chaque année un demi-milliard d’oiseaux ne pesant que quelques grammes, entreprennent un long voyage de plusieurs milliers de kilomètres entre l’Europe et l’Afrique. Pour accomplir une telle prouesse, certaines espèces comme les gobe-mouches ou les phragmites des joncs font des réserves d’énergie en s’engraissant ; d’autres rétrécissent leurs organes intérieurs pour réduire les dépenses en énergie. Or, d’ici l’année 2071 ou le début du nouveau siècle, ces oiseaux seraient amenés à effectuer un voyage plus long.
Notons au passage que certaines espèces comme la fauvette à tête noire ne migrent plus s’adaptant aux rudes conditions d’hiver des contrées britanniques. Mais il s’agit là encore d’un cas exceptionnel.
waliboo.com |
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Sahara : Les expériences nucléaires dans le Sahara algérien en débat
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| Posté par Touareg le 6/5/2009 21:40:19 (404 lectures) |
Placée sous le slogan «crimes de la France, pour que nul n’oublie», la rencontre, initiée par l’Union nationale des étudiants algériens (UNEA), a abordé les méfaits de ces expériences sur l’homme et l’environnement, dont les retombées «persistent à ce jour à Reggane et ses alentours». Le Pr. Smail Rachid, de l’Institut d’hygiène et de sécurité industrielle de Batna, a analysé dans son intervention intitulée «la radioactivité des essais nucléaires français au Sahara», la nature de ces essais qui ont causé «des malformations à toute une génération d’habitants» de la région. Les intervenants ont relevé que les effets de la radioactivité des matériaux utilisés «persistent sur des périodes très longues» et estimé que les essais nucléaires coloniaux dans le Sahara algérien gardent un côté «mystérieux» qui les distingue des essais effectués çà et là à travers le monde. Evoquant la question de la demande d’indemnisation exprimée par la société civile auprès de la France, en raison des méfaits et des dommages occasionnés par ces essais nucléaires, le Dr. Belferag a estimé que cette question pose problème sur le plan juridique qui, pourtant, constitue selon elle la seule voie à même d'exiger réparation aux victimes, transformées de fait en «cobayes de laboratoires». Les communicants ont fait part de la révélation de maladies étranges touchant des personnes exposées aux radiations, plusieurs années après les essais, en plus des cas de cancer. Ils ont également fait remarquer que les témoignages relevés indiquent la présence de séquelles psychosomatiques, qui révèlent le degré d’atrocité de ces crimes contre l’humanité. L’occasion a donné lieu à la présentation de photographies et de films documentaires sur les incidences causées par ces essais à l’homme et à la nature.
lanouvellerepublique.com |
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Sahara : Sahara algérien : le marathon des dunes boudé par les étrangers
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| Posté par Touareg le 30/4/2009 20:21:22 (668 lectures) |
Organisé annuellement à la fin de la saison touristique, il a pour ambition de promouvoir le tourisme saharien.
Alors que les marathons de par le monde drainent des centaines, voire des milliers de coureurs, le marathon 2009 des dunes n'a attiré que 150 personnes. La honte! Parmi elles figuraient 35 étrangers venus de France, Belgique, Ukraine, Suisse et Corée du Sud. Parmi les 115 restants, il y avait 50 éléments de la sûreté nationale, et 30 militaires. On pourrait croire que ces derniers ont été dépêchés pour gonfler la participation. Imaginez un marathon avec 70 personnes.
Et pourtant la Saoura, avec ses oasis de Taghit et Béni Abbes, est tout indiquée, pour montrer un échantillon des paysages qu’offre le sud algérien. Selon les observateurs, la participation n'a pas cessé de diminuer au fil des années, à cause de l'incompétence des organisateurs.
Si des mesures ne sont pas prises, il n'y aura plus d'étrangers d'ici peu. Cela ne semble pas inquiéter les autorités, alors que de grands moyens sont mobilisés chaque année. Malgré les jubilations des organisateurs devant les médias pour faire croire au succès du marathon, il n’en reste pas moins que celui de cette année n’a juste fait que d’accoucher d'une souris. A quoi servent ces investissements, si c'est pour voir venir quelques chats. Comment prétendre vouloir promouvoir le tourisme saharien, sans confier ce genre d'événements à des professionnels ? Mais en Algérie cela ne fonctionne pas ainsi, khoua, hbibi, ould bladi, couleur politique sont les critères de nomination. Encore une fois c’est l’argent du peuple qui est dilapidé, pour rien.
Par A.Z
la-kabylie.com |
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Sahara : Le combat des irradiés du Sahara algérien
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| Posté par Touareg le 6/4/2009 13:21:12 (526 lectures) |
Sorti récemment, le film du réalisateur algérien Djamel Ouahab, « Gerboise Bleue », fera l'objet d'une projection et d'un débat, ce jeudi, soir, à 20 h 30 au Comoedia (1). Au coeur du débat : les essais nucléaires, et le sort, plus de 45 ans après, des militaires français et des civils touaregs qui ont été exposés aux radiations et qui se sont battus pour faire reconnaître leur statut de victimes. Après le film, prendront part au débat trois représentants de l'Association des victimes des essais nucléaires : Jean-Luc Sans, qui en est le vice-président national, Bernard Pierracci et Guy Dumas, qui en sont les délégués respectivement pour la Gironde et le Lot-et-Garonne. Guy Dumas viendra en voisin : il est Tonneinquais.
Quatre fois Hiroshima
« Gerboise bleue » est le « nom de code » du premier essai atomique français, qui fut réalisé le 13 février 1960 dans le Sahara algérien, à Reggane. Cet essai fut le point de départ de la puissance nucléaire de la France. Des tirs aériens radioactifs puissants furent effectués dans des zones appartenant à l'armée française, puisque l'Algérie était encore à l'époque un territoire français (mais des essais souterrains continuèrent dans la zone, y compris après l'indépendance de l'Algérie). Le nombre de personnes ayant été exposées aux radiations dans le Sahara est estimé à 30 000.
Le réalisateur a rencontré des protagonistes de « cet épisode de l'histoire coloniale encore classé Secret défense ». Son film est un documentaire, mêlant des images d'époque des tirs nucléaires, et les témoignages de ceux qui ont les ont vécus (les essais aériens étaient d'une puissance quatre fois supérieure à Hiroshima). Ils en subissent, depuis, les conséquences dans leur chair.
Vétérans et Touaregs racontent, notamment, le déroulement des tirs dans le mépris total de la sécurité, et la frilosité de l'État français pour reconnaître sa responsabilité... Jusqu'à ces derniers jours, puisqu'une loi d'indemnisation des victimes vient d'être décidée le 24 mars.
(1) Cette projection avec débat aura aussi lieu le 7 avril à 21 heures à Casteljaloux.
sudouest.com |
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Sahara : Le patrimoine immatériel du Sahara se cherche un plan de sauvetage
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| Posté par Touareg le 3/4/2009 19:43:55 (516 lectures) |
La diversité culturelle qui se niche dans le désert est fragile. Développement de l’écotourisme et actions de l’Unesco sont nécessaires à la défense des musiques et des langues menacées de disparition.
Aux fins de réaliser les fameux Objectifs du Millénaire (tracés par l’ONU en 2000), l’UNESCO a élaboré le programme « le Sahara des cultures et des peuples » pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel et du patrimoine naturel. Ce projet concerne l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Soudan, le Tchad, la Libye et l’Egypte. Il s’inscrit dans le cadre du suivi du Sommet de Québec sur l’écotourisme de 2002, et répond aux exigences du plan d’action de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle. Le programme, qui s’appuie également sur le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), cible une relance durable du tourisme, perçu comme outil au service du développement et de la lutte contre la pauvreté, « en particulier au Sahara qui est un écosystème désertique, à la fois très fragile et présentant une grande richesse patrimoniale et humaine, avec des cultures et des savoir-faire ancestraux ». En Algérie, l’Office du parc national de l’Ahaggar (OPNA), qui couvre une superficie de 450 000 km² (presque la superficie de l’Espagne), travaille pour joindre la protection du patrimoine aux impératifs de l’activité touristique. L’OPNA s’apprête à ouvrir dans ses locaux à Tamanrasset un musée, le premier du genre, sur les arts et traditions sahariens. Outre l’imzad, le tindé, autre instrument symbole des touaregs, est en bonne place dans cet espace. Joué par les femmes, le tindé, un tambour composé d’un mortier en bois recouvert d’un morceau de cuir de chèvre mouillé, est également en situation délicate. D’où les travaux de collecte et d’investigation faits par l’OPNA et le CNRPAH. Cependant, il n’existe pas encore de coordination avec d’autres pays où le tindé est joué, comme le Mali et le Niger, pour mieux protéger cet héritage séculaire.
L’ouverture de vols charters directs avec plusieurs villes européennes comme Paris, Berlin, Barcelone, Rome et Londres, a donné un coup d’accélérateur à l’activité touristique dans l’Ahaggar.
Des parler locaux en voie de disparaître
Selon Dida Badi, ethno-musicologue et chercheur au CNRPAH, la poésie qui accompagne l’imzad, déclamée en tamachaq, la langue parlée par les Touaregs, est en danger. Il en est de même pour le zénète. Cette variante du tamazight, est selon la dernière édition de l’Atlas des langues en danger de l’UNESCO, en situation critique. Elle n’est plus parlée que par 50 000 personnes.
Le tidikelt, utilisé par à peine 30 000 locuteurs autour de In-Salah, au coeur du Sahara, risque de disparaître lui aussi. Farid Ighilahriz, jeune préhistorien et directeur de l’OPNA, fait face à un autre problème, celui du pillage des pièces archéologiques et des gravures rupestres par certains touristes. Une cinquantaine de postes de surveillance ont été installés le long du parcours du parc, et un bureau de contrôle a été ouvert au niveau de l’aéroport de Tamanrasset. Dans ce domaine comme dans les précédents, il n’existe aucune action concertée entre les pays sahélo-sahariens pour protéger un patrimoine commun à toute l’humanité.
Le tourisme repart dans l’Ahaggar
La haute saison touristique dans le Grand Sud algérien se terminera avec la fin du printemps. La moisson de cette année aura été meilleure que celle des années précédentes, selon des agences de voyages de Tamanrasset (2000 km au sud d’Alger). D’après des statistiques locales, le nombre des touristes qui ont visité la région depuis le début de la saison jusqu’à septembre 2008, a dépassé les huit mille. Du jamais vu depuis des années. Sur l’année 2008, le nombre total des touristes a atteint les 27 000 soit 4000 de plus qu’en 2007. L’ouverture de vols charters directs entre plusieurs villes européennes comme Paris, Berlin, Barcelone, Rome et Londres, a donné un coup d’accélérateur à l’activité touristique dans l’Ahaggar. Les vols de nuit d’Air Algérie sont complets durant la saison. Le pic est atteint à la fin décembre. Beaucoup de personnes, dont des Algériens du Nord, se déplacent pour célébrer le réveillon sous les étoiles à l’Assekrem, qui culmine à 2730 mètres d’altitude, et assister aux couchers de soleil dans ce massif montagneux où le père Charles de Foucauld a construit son ermitage en 1911.
L’Ahaggar, qui est divisé en deux parties par le tropique du Cancer, a repris sa place dans les guides des principaux tours opérateurs européens, nord-américains et asiatiques. Les mauvaises nouvelles sur l’enlèvement de touristes au Mali et au Niger n’ont visiblement que très peu de retombées négatives sur le tourisme d’aventure dans le Sahara. L’Ahaggar et le Tassili N’ajjer autour de Djanet (sud-est algérien) constituent les plus grands musées à ciel ouvert au monde. Les gravures et les peintures rupestres qui y existent, datent de douze mille ans avant l’ère chrétienne.
lesafriques.com |
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Sahara : Ces thé déversés sur le marché : danger dans nos verres !
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| Posté par Touareg le 8/2/2008 13:59:19 (790 lectures) |
Communément appelé « la drogue des Maliens » ou encore « les trois normaux », le thé est ancré dans la consommation de nos compatriotes. Dans les bureaux, sur les chantiers, au coin de la rue et dans les domiciles, il se consomme partout. Aujourd’hui, le pays, face à une grande demande, est inondé de ce produit. Thé Cheval, Thé Lobo, Thé Saddam, Thé Waraba…
La liste est loin d’être exhaustive. Face à cette invasion, le danger plane sur les consommateurs, qui sont peu regardants sur la qualité, encore moins sur la provenance de ces différentes marques de thé. Quant aux structures de contrôle, elles semblent impuissantes et ne font que constater… les dégâts. Enquête.
Une bonne santé des populations passe en grande partie par l’installation d’un bon mécanisme de détection, en amont, des risques qui peuvent découler des produits fortement consommés par les citoyens. Le thé qui fait partie des denrées les plus consommées par nos compatriotes, échappe à tout contrôle rigoureux. Le consommateur a même l’embarras du choix à cause de l’abondance des marques de thé. Des marques qui n’offrent, pas toutes, des garanties de bonne qualité.
En effet, au Mali, les scènes de causeries sont des moments de joie pour tous ceux qui fréquentent le même « grin ». Ces débats et échanges qui rythment presque le quotidien des maliens, deviennent du coup particulièrement attractifs quand ils se tiennent autour d’un « petit thé ».
Autrefois consommé exclusivement par une catégorie de personnes d’un âge relativement avancé, le thé est devenu une boisson que consomment tous les groupes d’âge : enfants, adultes, femmes, jeunes et vieux. Tous ne ressentent pas forcément les mêmes plaisirs dans la consommation de cette boisson qui s’est imposée aux Maliens au fil du temps.
La trentaine révolue, Oumou Kamaté boit chaque jour du thé. La couturière a fait toute sa jeunesse sans « prendre » du thé. Mais, deux années ont suffi pour faire d’elle une très grande consommatrice de cette boisson, parce qu’elle reçoit chaque jour devant son atelier, sis à Dar salam, ses copines qui la contraignent chaque fois à leur faire du thé.
Dramane Sidibé, commerçant de son état, est aussi un fervent consommateur de thé : « Je consomme le thé il y a plus de vingt ans et je n’entends pour l’instant pas m’en priver », confie t-il, tout en risquant un petit commentaire sur certains vertus de cette denrée. Son cas n’a aucune similitude avec celui de ce chauffeur mécanicien, Papus, qui a fini par devenir un « preneur invétéré » de thé sous la forte pression de ses amis qui ne cessaient de lui vanter les mérites supposés de cette boisson qui fait toujours converger un ou plusieurs personnes vers le même endroit, attendant impatiemment « le premier », entendez le premier verre, puis le deuxième etc.… le troisième.
Avant, confie-t-il, je ne trouvais aucun intérêt dans la consommation du thé. Mais, il y a trois ans, j’ai pris mon premier verre de thé. C’était à la faveur du mariage d’un ami. Les membres de notre groupe, qui avaient pris part à l’événement, m’ont beaucoup stimulé à goûter cette boisson dont ils m’ont beaucoup vanté la douceur, a-t-il expliqué. « Je me souviens que ce jour j’ai beaucoup hésité avant de goûter le thé, mais depuis, je n’ai plus raté, un seul jour, mon verre de thé », confie-t-il.
« C’est mon mari qui a fait de moi une consommatrice de thé. Auparavant je ne prenais pas du thé. Je me contentais juste de faire le thé de mon mari. A force de vérifier le niveau du sucre je suis finalement devenue une consommatrice de cette boisson », confie, pour sa part, Mme Salimata Traoré, une secrétaire de direction.
Il suffit de faire chaque jour un tour dans la ville de Bamako, pour se rendre compte à quel point cette boisson, couleur rougeâtre et couverte de mousse, est consommée. Rares sont les familles où la théière n’est posée sur le feu au moins deux à trois fois dans une seule journée.
Les services publics, tout comme les entreprises privées, sont aussi des lieux où l’on peut constater une très forte consommation du thé. Ici, pendant qu’ils travaillent dans leurs bureaux, les directeurs et autres chefs de service se font presque toujours préparer un petit thé par le planton.
Forts de cette grande consommation de cette boisson par les citoyens, ils sont nombreux les commerçants et autres hommes d’affaires qui ont orienté leurs affaires vers l’importation et le commerce du thé.
Au niveau du centre commercial, notamment le ‘Dabanani’, un marché très animé de Bamako, le thé ravit la vedette à bien d’autres produits. Même les boutiques qui n’ont rien à voir avec le commerce de denrées alimentaires, ne se privent plus de mener, subsidiairement, le commerce du thé. Ainsi, peut-on remarquer d’importants cartons de thé entassés devant des quincailleries et d’autres boutiques connues dans la vente de certains articles divers.
Prolifération des marques
En vue de faire prospérer leurs affaires, nombre d’opérateurs économiques, en relation avec les fournisseurs, font établir des marques de thé en leur nom. Une situation qui vaut aujourd’hui la présence sur le marché de thé portant toutes sortes d’appellation. Ce n’est pas fortuit, si aujourd’hui, la Chine est devenue l’une des destinations de nos opérateurs économiques qui inondent la Direction nationale du commerce et de la concurrence de demandes d’importation de thé vert.
Au niveau de cette structure chargée de délivrer les autorisations d’importations, on se dit tout aussi surpris par cette multitude des marques de thé qui, indique-t-on, ne sont jamais signalées lors de l’intention d’importation. « Tous ceux qui se présentent chez nous pour obtenir cette autorisation, nous signalent qu’il s’agit d’importer du thé vert de Chine. De sorte que, nulle part sur nos fiches, on ne nous fait cas d’un thé Cheval, Azawad, Ongoïba. C’est une fois sur le marché que nous découvrons, comme tout le monde, ces différents types de thé », indique un responsable de la Direction régionale du district, sise près du grand marché. Pour ce responsable, la situation est d’autant plus préoccupante que nous avons des frontières qui échappent souvent à notre contrôle. « Ce qui est le plus regrettable c’est que parmi ces thé, il y a une bonne partie qui échappe au circuit normal et sont introduits chez nous à partir de la Mauritanie, de l’Algérie ».
C’est une question à laquelle il est bon de s’intéresser. Parce que, même si pour l’instant, aucun risque inhérent au thé n’est encore signalé, il est bon par mesure de prudence de s’intéresser à la qualité de tous ces thé importés et mis sur le marché sans se soucier de leur qualité, observe notre interlocuteur qui explique son anxiété par le fait qu’une bonne partie de ces thé contiennent, selon lui, des colorants qui peuvent provoquer certains malaises chez les consommateurs.
Au niveau du bureau du commerce extérieur de la direction nationale cependant, on préfère totalement se soustraire à la question de qualité que peut poser ce thé vendu à cor et à cri sur le marché. Pour le chef du guichet du commerce extérieur, Mady Diakité, de la direction nationale du commerce et de la concurrence qui travaille en synergie avec d’autres structures comme le service des douanes, dans ses attributions, ne fait que délivrer les autorisations d’importation après avoir constaté que le produit dont l’importation est sollicitée n’est pas interdit dans notre pays.
« Il ne se passe pas de jour sans que des opérateurs ne viennent solliciter chez nous une autorisation d’importation de thé », confie-t-il. Une lecture des registres tenus au niveau de ce guichet atteste cet état de fait et donne toute la preuve que le sol malien est bien devenu, aujourd’hui, un des plus gros marchés pour les pays producteurs de thé avec en tête la Chine.
A l’évidence, au niveau de cette direction qui aurait pu être un premier palier de lutte contre l’introduction au Mali de produits dangereux, on se contente juste d’encaisser des droits à caractères monétaires. En effet, l’importation de « thé vert de chine » est assujettie au paiement, par l’importateur, de 0,75% de la valeur F.O.B (c’est-à-dire le prix de la marchandise lors de l’embarquement).
Avec pour mission le contrôle de la qualité des médicaments, aliments, boissons ou toutes autres substances importées ou produites en République du Mali et destinées à des fins thérapeutiques, diététiques ou alimentaires en vue de la sauvegarde de la santé des populations humaines et animales, le laboratoire nationale de la santé (LNS) est désormais conscient de tous les risques que peut présenter l’écoulement incontrôlé de toutes ces marques de thé sur le marché. Depuis une année, elle a entamé une étude nationale sur la question. Cette étude a permis de prélever des échantillons de thé qui sont actuellement analysés au niveau du laboratoire.
Pour le Dr Sominé Dollo, responsable au LNS et chargé de l’étude, cette enquête vise à étudier les différentes marques vendues sur le marché afin de savoir si elles obéissent toutes aux normes de qualité, notamment si elles respectent les conditions d’hygiène et de transport. « L’une de nos plus importantes préoccupations consiste à analyser sérieusement ces échantillons pour voir éventuellement s’ils ne renferment pas des impuretés comme des moisissures qui peuvent provoquer certaines infections ».
Opérationnelle depuis le 02 janvier 2005, l’agence nationale pour la sécurité sanitaire des aliments (ANSSA) est investie d’un certain nombre de prérogatives qui lui font jouer un grand rôle dans la chaîne de prévention des risques sanitaires liés à certaines denrées alimentaires. Outre qu’elle évalue les risques sanitaires liés aux produits alimentaires, aux additifs alimentaires, aux produits pour animaux ainsi que des eaux et boissons, l’agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments assure également la coordination des activités des services de contrôle et d’inspection qui interviennent dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments. Pourtant, ici également rien de bien concret n’est fait pour que les populations ne soient demain victimes d’une intoxication du fait de ce thé dont personne ne peut juger de la bonne qualité.
Attendre le mal pour agir ensuite ?
C’est malheureusement l’analyse qu’on est obligé de faire du comportement de nos structures chargées du contrôle de qualité des aliments. Ces dispositifs sanitaires ne doivent-ils exister que sur le papier ? Une protection des populations face à certains risques liées aux aliments ne leur obligent-il pas à prendre certaines mesures préventives en faisant un contrôle à priori de tous ces produits qu’on vend chez nous sans aucun contrôle ? Le thé est bien là pour illustrer cette situation qui consiste à laisser les consommateurs aller au devant de tous les risques d’empoisonnement ou d’intoxication.
Approché, le directeur adjoint de cette structure, Mahamadou Sako a regretté une situation qui, selon lui, engage directement la responsabilité personnelle des consommateurs eux-mêmes.
« L’Etat a fait beaucoup dans ce domaine. La question de qualité de nos produits de consommation dépend désormais des consommateurs eux-mêmes. La réalité est que chez nous, les gens ne recherchent que les marchandises qui coûtent moins cher », explique-t-il. Pour lui, ce que les gens ignorent, c’est que chaque fois qu’ils acceptent un produit moins cher, ils acceptent en même temps toutes les conséquences liées à cette mauvaise qualité. « Il est temps que les consommateurs Maliens développement une culture de la qualité », a-t-il conseillé, avant d’ajouter : « Si les clients refusent aujourd’hui un produit de mauvaise qualité c’est sûr que vous ne retrouverez plus ce produit demain sur le marché », a-t-il indiqué.
Pour Mohamadou Sako, contrairement aux autres produits de grande consommation comme la viande et le poisson qui ont déjà fait l’objet d’une étude de qualité par l’ANSSA, le thé lui, n’a pas encore été retenu parmi les priorités du comité scientifique et technique qui vient de dresser son agenda d’enquête pour l’année 2008. Cette enquête qui concernera la question des micros toxines n’a pas choisi d’identifier le cas particulier du thé même s’il n’est pas exclu qu’il puisse également attirer l’attention des enquêteurs qui sont sensés s’intéresser à toutes les denrées alimentaires du pays.
Autorisation de mise sur le marché
Face à cette problématique, le directeur adjoint de l’ANSSA estime que certains actes déjà posés par le gouvernement rentrent, selon lui, en droite ligne d’une volonté beaucoup plus ferme de sécuriser nos consommateurs en s’intéressant de plus près à ce qui leurs sont proposés sur le marché. Pour lui, cette volonté d’une très grande portée, a été officiellement exprimée à travers la prise, en conseil des ministres, du décret n°06-259/P-RM en date du 23 juin 2006, portant « institution d’une autorisation de mise sur le marché des denrées alimentaires, des aliments pour animaux et des additifs alimentaires ».
La question de la sécurité sanitaire des aliments étant un sujet qui interpelle les trois départements de la santé, de l’agriculture et celui en charge de l’industrie et du commerce, chacun de ces trois ministères avait été amené à prendre, l’année dernière, un arrêté d’application du décret sus cité en vue de mieux coordonner la politique commerciale avec les besoins sanitaires du pays.
Pour le responsable de l’ANSSA l’une des toutes premières implications de ce décret a été l’érection auprès du ministère de la santé, d’une commission nationale chargée de certaines missions dont l’examen des rapports des experts microbiologistes, analystes, toxicologues et biologistes. Avec ce décret et cette commission tous les nouveaux produits seront automatiquement assujettis à un contrôle de qualité avant d’être autorisés sur le marché. Ce qui, conclut-il, permettra dans l’avenir de rester suffisamment vigilent quant à la qualité des produits de consommation vendus sur nos marchés.
Oumar Diamoye L'Aube |
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Sahara : Essakane : du terroir à l’international
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| Posté par Touareg le 23/1/2008 12:46:21 (611 lectures) |
Lieu de découverte de la culture touarègue, le festival devient un moment de partage élargi grâce à une programmation éclectique Comme chaque année depuis sa création en 2001, le festival au désert a rassemblé, trois jours durant (10 au 13 janvier), des milliers de participants, venus du monde entier. Sur le modèle des grandes fêtes traditionnelles touaregues telles que "Takoubelt" à Kidal et "Temakannit" à Tombouctou, le festival au désert était, à l’origine, une occasion de concertations et d’échanges entre les communautés vivant dans cet espace.
Vu l’intérêt qu’il suscite, le festival s’est peu à peu ouvert aux traditions étrangères et est finalement devenu pour les touristes, non plus seulement un lieu de découverte de la culture de leurs hôtes, mais aussi le moment de partager la leur. Le rendez-vous accueille désormais des artistes du reste du pays, du continent, voire du monde. Sous le parrainage du ministère de la Culture, en partenariat avec le ministère de l’Artisanat et du Tourisme, le festival au désert est organisé à Essakane par les associations non-gouvernementales Efès et Aitma, en association avec la Commission de l’Union européenne, Africalia (Belgique), l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, l’Unesco, Sfinks Festival (Belgique) et la mairie de Barcelone (Espagne). Ancienne oasis saharienne, Essakane est située à près de 2 heures de piste de Tombouctou à une soixantaine de kilomètres à travers le Sahara. Alors que la journée est entièrement consacrée à la tradition, les programmations liées au son et à la lumière commencent juste à la tombée de la nuit sous le regard impatient des nombreux participants.
Le matin, le public peut donc profiter pleinement des parades, jeux et expositions, projections de films ou documentaires, courses ou balades à dromadaires, marchés touaregs, conférences, ou encore de la prestation d’artistes locaux représentant les différents genres de musiques et danses traditionnelles des régions nord du Mali, tels que Tamnana, Tabol, Igbayen, Tachidialt, Takamba pour ne citer qu’eux.
C’est au coucher du soleil qu’entrent en scène les artistes nationaux et internationaux. Il arrive que des artistes de différentes origines se retrouvent dans un beau mélange de couleurs et de cultures. C’est le cas des groupes Artcirq et Electrica Dharma. Artcirq est composé de Canadiens et d’Inuits, provoquant la curiosité de tous et surtout des peuples touaregs. Il symbolise la rencontre du désert de glace et de celui de sable, le mariage de la glace et du feu, de l’hémisphère nord avec le Sud. Electrica Dharma joue un mélange de musiques traditionnelles catalane et touarègue, apportant des sonorités hispaniques jusqu’alors méconnues dans le terroir et propageant la tradition touarègue vers une dimension internationale, à travers l’Europe. Il y a aussi la "Nuit bambara de Ségou", création d’un ensemble d’artistes de cette région du Mali : Abdoulaye Diabaté, Bassekou Kouyaté, Tenin Damba, le groupe Baara, Nafi Diabaté et Zoumana Tereta, entres autres.
Pour le grand plaisir des nombreux participants, Manny Ansar, en charge de l’événement, a ajouté à sa liste d’invités d’autres grands noms de la musique malienne du nord : Haïra Arby, Vieux Farka Touré et "Les amis d’Ali" et le groupe Tinariwen, son "invité surprise".
C’est l’artiste de renommée internationale Tiken Jah Fakoly qui a clôturé le festival. Très impliqué dans l’évolution sociale et politique de son pays, le chanteur de reggae ivoirien explique "jouer une musique pour éveiller les consciences", ce qui lui a valu et lui vaut encore aujourd’hui une très grande popularité et un succès auprès de la jeunesse d’abord africaine, puis européenne. Pour preuve, malgré le froid, il est resté sur la scène jusqu’à 4h30 du matin ce dimanche 13 janvier, à la demande des festivaliers. Si l’objectif originel du festival, celui de promouvoir la culture touarègue, s’est peu à peu atténué au fil des ans en s’ouvrant vers l’extérieur et en accueillant des artistes du monde entier, le contexte laisse à ce peuple tout l’honneur des festivités, de par son hospitalité, son sens du partage et la sécurité qu’il assure. En fait, son ouverture au monde entier.
Carine GOULEME
L'Essor |
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Sahara : Développement du grand Sud : Le défi du futur
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| Posté par Touareg le 11/1/2008 11:20:01 (577 lectures) |
Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a repris donc son bâton de pèlerin pour se rendre cette fois à la wilaya de Tamanrasset. Un déplacement sur le noble front de la bataille du développement dans laquelle l’Algérie tout entière est engagée depuis près d’une décennie. Une bataille basée sur une stratégie pensée et réfléchie dont l’inéluctable victoire permettrait à l’Algérie d’asseoir une base et des infrastructures à même d’assurer un véritable développement durable.
Tamanrasset n’est pas loin d’Alger. Elle en est aussi proche que Annaba, Mascara ou Laghouat. Les pulsions, les aspirations, les visions de ses habitants sont les mêmes que partout ailleurs et elles sont, de même, perçues sur la même longueur d’onde. Les réponses apportées par l’Etat se trouvent dans l’ambitieux programme du Président de la République, un programme dont la stratégie d’application est basée par la répartition juste et équitable des richesses du pays, sur un développement intégré dont l’harmonie veille à l’équilibre entre les régions et à une approche plus poussée au bénéfice des régions les plus pauvres.
“Tamanrasset sera vidée de ses habitants. C’est une ville qui meurt petit à petit de soif, faute d’eau, elle sera engloutie par le désert.” Que de fois, lors de visites et de reportages sur le terrain, avons-nous entendu cette prophétie de mauvais augure amplifiée, il est vrai, par la rareté et le rationnement du précieux liquide. C’était durant les années 80. Tamanrasset aujourd’hui bénéficie d’un titanesque projet. Une amenée d’eau depuis l’albien de In Salah par des conduites sur une distance de 700 km. Les 400.000 habitants auront 100.000 m3 de transfert d’eau quotidiennement. L’enveloppe allouée à ce mégaprojet est de l’ordre de 177 milliards de dinars, soit 17.770 milliards de centimes. Voilà ou va l’argent du pétrole, voilà la preuve sur le terrain de la répartition juste et équitable des richesses du pays.
Tamanrasset n’est pas loin, assurément, d’Alger, depuis 1999. L’enveloppe globale consentie par l’Etat pour la satisfaction des besoins des populations a atteint les 93,740 milliards de dinars. Ce n’est pas rien et ce n’est encore rien tant le dynamisme du développement, la bonne gouvernance augurent de nombre de projets à venir, tant la noble bataille du développement continue.
A. M. A El Moudjahid |
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Sahara : Reverdir le Sahel
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| Posté par Touareg le 7/1/2008 17:19:08 (611 lectures) |
En 30 ans, le désert du Sahel a progressé vers le sud de l’Afrique de 150 à 200 km sur un front de 4 000 km, de Djibouti au Sénégal. Une surface supérieure à la superficie de la France. Pourtant, à Fatick, au Sénégal, à 150 km au sud-est de Dakar, ce n’est pas le cas. Ici il y a des arbres, de fruits, de l’ombre... et le désert n’a plus sa place. L’irrigation goutte à goutte
Au contraire des véritables déserts, comme le Sahara, les zones du Sahel devenues désertiques sont encore fertiles en profondeur. Toute la difficulté pour les cultures consiste à les atteindre. Les chaleurs du climat au Sénégal - il fait entre 45° et 55° au sol - ne favorisent pas un arrosage en surface. La consommation d’eau est trop importante, l’évaporation est quasi-immédiate et les plantes ne peuvent en bénéficier. Les racines végètent, tire-bouchonnent ou affleurent la surface. Dans ses conditions, l’enracinement et la croissance d’un arbre est impossible. Pour que les racines atteignent les zones humides du sous-sol, l’ingénieur agronome, Jacques Gasc, a imaginé un système d’irrigation raisonné et économique. A côté de chaque plant, à une largeur de main à peine, une sorte d’embout noir dépasse du sol. Cet entonnoir est la face visible de l’Irrigasc, une gaine de polypropylène biodégradable. Le litre d’eau versée dans la gaine trois fois par semaine s’écoule et se diffuse au travers des trous du tube. Qui agit sous terre comme un goutte-à-goutte. Imbibant le sol peu mais suffisament pour "attirer" les racines toutes proches vers le bas, plus en profondeur, vers la zone humide. Efficacité de ce tuteur quasi-naturel : 95 % de réussite, en dépensant 10 fois moins d’eau. Un contrat sous conditions L’innovation technique ne suffit pas. Un accompagnement local a lieu, sous la forme d’un contrat de culture signé avec chaque agriculteur. Objectif affiché : l’impliquer en le responsabilisant. Pour bénéficier des plants assistés par Irrigasc, l’agriculteur s’engage à nettoyer et clôturer son champ en y installant des rangées d’arbustes épineux, des euphorbes, pour éviter le passage d’animaux sauvages. Il doit également avoir creusé un puits en état de fonctionner, pour devenir autonome dans l’arrosage de ses cultures. Le contrat est alors rédigé, fixant le nombre d’arbres plantés et les sanctions prévues. Si un arbre meurt, une amende de 1 000 Francs CFA (environ 1,5 euros), à peu près la valeur de l’arbre planté, lui sera réclamée.
Un manguier adulte peut produire 400 kg de fruits par an. Une centaine d’arbres permettent de rendre une famille autosuffisante, en lui fournissant de quoi s’alimenter ou vendre sur les marchés. Les premières années, un rapide calcul montre un gain équivalent à cinq fois le revenu moyen annuel, estimé à moins de 200 euros. Sept ans après le début de la plantation, lorsque l’arbre entame sa maturité, le revenu de l’agriculteur grimpe jusqu’à 10 fois la moyenne, tandis que les racines des arbres s’enfoncent elles à 20 mètres sous terre.
Testé depuis 1996 à petite ou plus grande échelle, au Sénégal et dans d’autres pays africains, les résultats ont dépassé les espérances. Avec le retour de l’humidité, l’écosystème entier se trouve relancé. Même les pluies sont de retour. Aujourd’hui près de 150 000 arbres ont été plantés de cette façon, bien plus que les 20 000 initialement prévus. Le Président du Sénégal a accordé une bourse de 45 millions d’euros à l’ingénieur français pour qu’il adapte son système à la culture du manioc. Le réseau du Rotary Club, sollicité par Jacques Gasc (dont il est membre), se mobilise et ambitionne d’avoir aidé à planter un million d’arbres en 2007.
Maxence Layet
Maxence Layet Novethic.fr |
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Sahara : Une société maroco-libyenne prospecte du pétrole au Sahara
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| Posté par Touareg le 15/12/2007 10:44:01 (713 lectures) |
Une société regroupant des investisseurs marocains et libyens compte débloquer entre 100 et 150 millions de dollars pour financer la prospection pétrolière au Sahara occidental et l'approvisionnement et la distribution des produits pétroliers dans la région.
Cet investissement, prévu pour les deux premières années du projet, sera doublé en cas de découverte du pétrole dans cette région, a souligné, vendredi à Rabat, le PDG de "Tamoil Sakia", le Libyen Salem Bayet Al Mal, cité par l'agence de presse gouvernementale MAP.
"Tamoil Sakia", créée récemment, et dont le siège est à Laâyoune, chef-lieu du Sahara occidental, débutera ses activités en 2008 qui seront axées sur l'approvisionnement et la distribution des produits pétroliers, du gaz (embouteillage et distribution) et des huiles, outre la prospection pétrolière, qui portera sur l'onshore avant de s'étendre à l'offshore.
La société mère de "Tamoil Sakia" est présente dans plusieurs pays, notamment en Afrique (16 Etats) et en Europe.
Source : PANA |
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Sahara : Tinariwen, la musique d’une cause
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| Posté par Touareg le 21/11/2007 13:57:35 (732 lectures) |
Tinariwen arrive à Montréal à point nommé. Alors que les premières neiges nous menacent, le blues désertique du groupe, si délicieusement articulé sur leur essentiel nouvel album, Aman Iman, provoque un coup de chaleur qui fait le plus grand bien.
« Si j’ai envie de parler de politique ? Pas du tout », répond, du tac au tac, le chanteur et guitariste Abdallah Ag Alhousseyni, avant d’ajouter qu’« aujourd’hui, c’est difficile d’éviter le sujet. Moi, je préfère toujours parler de notre culture et de notre musique, les choses que j’ai apprises dans ma famille. La politique ne nous a jamais été favorable... »
D’autant qu’aujourd’hui, après environ 10 ans de calme relatif, cette région du monde où vivent les Touaregs recommence malheureusement à s’enflammer. « Si tu veux mon avis, la situation du peuple touareg n’a jamais été réglée, dit Abdallah. Nous avons toujours été négligés par les États qui touchent à notre territoire. Des accords ont été signés il y a plusieurs années, mais ça n’a rien donné. Rien ne bouge, jusqu’à ce qu’il y ait à nouveau des troubles, comme c’est le cas ces temps-ci. »
À défaut d’avoir un pays à lui, le peuple nomade vieux de 2000 ans espérait au moins qu’on honore les accords de paix paraphés au milieu des années 90 et qui ont mis un terme à la rébellion touareg. Une paix qu’espèrent toujours les membres de Tinariwen, qui la chantent d’ailleurs dans Aman Iman - L’Eau est la vie en langue touareg (tamachek). Aux questions de reconnaissance du peuple touareg, il faut désormais ajouter la délicate question de l’exploitation des ressources naturelles découvertes au pays des nomades - le pétrole et, plus récemment, l’uranium...
Ainsi, depuis la création du groupe au début des années 80, Tinariwen encourage ses frères et joue les ambassadeurs d’une culture et d’une situation politique qui, depuis le début de cette année, connaît de nouvelles tensions dans cette région qui touche l’Algérie, la Libye, le Mali, le Burkina Faso et surtout, le Niger, théâtre de récents combats.
Symbole de la liberté des nomades du Sahara, Tinariwen, formation à dimension variable (ils seront cinq au Club Soda vendredi soir prochain) a vu le jour dans les camps libyens, au début des années 80, où s’entraînaient le chanteur et guitariste Abdallah Ag Alhousseyni et ses compatriotes. Musiciens et militaires, ils ont joué de la guitare et de la mitraillette durant la rébellion touareg des années 90, tantôt pour donner du coeur aux troupes, tantôt pour défendre leurs positions face aux militaires du Niger ou du Mali.
« Dans nos chansons, on parle de la situation au Touareg en général, de la vie difficile des nomades, explique Abdallah. C’est vrai, ce sont des chansons engagées, mais en même temps, on aborde d’autres thèmes. L’amour, la nature, l’éducation, tu vois ? Comme on dit chez nous, on fait une musique « moderne », mais qui prend racine dans les rythmes traditionnels touaregs. Nous, on a adapté notre tradition aux guitares électriques. Notre musique invite à la danse, mais si tu connais les paroles, tu peux aussi écouter ce qu’on a à dire. »
La musique du groupe offre un touchant contraste, qui n’est d’ailleurs pas l’apanage de la musique de ce peuple. Les Gitans - d’autres nomades - pratiquent aussi une musique festive aux textes graves. Le raï, son d’Algérie, invite à la danse en forçant souvent à réfléchir sur la condition humaine. Le troisième album de Tinariwen, riche en grooves berçants, en blues électrique poussé par les rythmes traditionnels assouf, présente ces deux tableaux. Dans notre confort québécois, on s’y abandonne, inconscients de la nostalgie et de la souffrance véhiculées par ces chants.
« Mon peuple espère toujours que dans l’avenir, nous aurons un pays touareg. Grâce à la musique, je crois que nous jouons un rôle utile pour faire la promotion de notre cause, en représentant notre culture à travers le monde. C’est vrai que nous avons tous été militaires - et nous le sommes toujours - mais je crois que la communauté touareg a davantage besoin de nous en tant que musiciens. Je crois qu’aujourd’hui, nous apportons davantage avec nos chansons qu’avec nos armes. »
Depuis cinq ans, les nomades musiciens de Tinariwen n’ont jamais cessé de voyager, quittant les sables du Sahara pour les aérogares et les chambres d’hôtel des villes où leur musique est appréciée. Pour eux, la musique est aussi une cause à défendre.
Philippe Renaud Source : La Presse Canadienne |
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Sahara : Belmokhtar, El Para, Abou Zeïd ou la guerre de contrôle du Sud
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| Posté par Touareg le 21/11/2007 13:42:09 (736 lectures) |
Après l’arrestation de Abderrazak El Para, et selon les révélations de Abou Mossaâb, un des chefs de la zone du Sud qui s’est rendu l’été dernier, la direction de cette région est revenue de fait à Belmokhtar, actuellement en stand-by, mais c’est Abou Zeïd qui sera nommé quelque temps plus tard, en remplacement de ce dernier.
Ce qui a créé une grave divergence entre les deux chefs. Droukdel, après sa venue à la tête de l’organisation, a chargé un certain Abou Ammar de reprendre les rênes de la zone 9, poussant Belmokhtar à aller avec son groupe vers le Sahel et prendre les commandes de cette région. Au mois d’août 2006, Abou Ammar meurt dans une embuscade tendue par les forces de sécurité et c’est Abou Mossaâb qui prend sa place à la tête de la zone. « Depuis qu’il s’est remarié avec la fille d’un notable malien de la tribu des Brabiches, Belmokhtar a entrepris des contacts avec les services algériens dans le but de se rendre avec tous les membres de sa phalange, mais avec des conditions préalables », note le repenti. Il parle longuement de la situation déplorable dans laquelle se trouve actuellement la zone 9, dépourvue de logistique, que Belmokhtar trouvait sans difficulté eu égard aux relations qu’il entretenait avec les notables de la région. « Les phalanges manquent de moyens matériels et financiers, contrairement aux groupes qui agissent dans la zone 2, dont les chefs très proches de l’émir national recourent à des actes proscrits par la religion, tels que le racket, les faux barrages dressés pour détrousser les civils et les enlèvements en contrepartie de rançons », souligne Abou Mossaâb.
S. T.
Source : El watan |
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Sahara : L’agriculture au sud du Sahara : entre réalités et chimères
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| Posté par Touareg le 19/11/2007 12:34:30 (618 lectures) |
Depuis plusieurs décennies, le nombre de pauvres augmente dans l’Afrique au sud du Sahara. Guerres civiles, troubles intérieurs, parfois sécheresse n’expliquent pas tout. Même des pays tranquilles affichent de médiocres performances comme, entre autres, le Sénégal dont la production de grain a baissé de 20% entre 1995 et 2005.
Réduire la pauvreté devrait inciter gouvernements et agences de coopération à des efforts prioritaires dans l’agriculture et les infrastructures rurales, car les plus fortes concentrations de pauvres se trouvent dans les campagnes.
De plus, comme en ont fait l’expérience les pays aujourd’hui développés y compris les derniers venus, Corée du Sud et Taïwan, une forte croissance agricole au départ stimule industries et services avec de multiples effets d’entraînement intersectoriels. Or ces faits élémentaires sont oubliés depuis une bonne quinzaine d’années aux deux niveaux de la coopération internationale et des plans nationaux de développement, avec pour conséquence des investissements et des soutiens extérieurs tout à fait insuffisants.
Un revirement pourrait s’annoncer, notamment concernant l’Afrique au sud du Sahara, mais encore faut-il éviter les chimères. En 2005, Gordon Brown, alors chancelier de l’Echiquier, aujourd’hui premier ministre du Royaume-Uni, proposait « un plan Marshall pour l’Afrique ». Il oubliait que les circonstances et nos relations avec ledit continent, n’ont rien de commun avec la situation qui prévalait en 1947 dans le monde nord-atlantique.
Des experts évoquent une Révolution verte sur le modèle asiatique de 1965-80, ce qui fait dire à Jeffrey Sachs que « les rendements pourraient tripler dans ces prochaines années ». (Financial Times, 14-9-05). La Révolution verte en Asie constituait un processus relativement aisé : de nombreuses belles plaines alluviales irriguées ou irrigables, des techniques traditionnelles d’une productivité élevée. Ainsi, en quelques années, j’ai vu des paysans indiens, chinois, du Bangladesh, de l’Afghanistan doubler leurs rendements grâce aux nouvelles semences de blé et de riz réagissant mieux aux engrais chimiques que les variétés traditionnelles, mais exigeant plus d’eau, donc d’irrigation. Cet impératif empêche une Révolution verte dans les vastes zones de plateaux aux pluies incertaines et au faible potentiel d’irrigation.
Au sud du Sahara, les vastes plaines alluviales sont moins nombreuses. Les techniques traditionnelles produisent moins qu’en Asie à l’arrivée des changements. Des pans entiers du continent ignorent encore la charrue pour pratiquer des cultures itinérantes sur brûlis à la houe. L’irrigation ne couvre que dans les 5% des cultures contre de 35 à 75% en Asie en 1965. Les retards des infrastructures africaines par rapport à l’Asie vers 1970 ne sont pas moins criants : très peu de bonnes routes, guère d’électricité pour d’éventuelles pompes d’irrigation et de petites industries. Le continent ne consomme que 4% de la production mondiale d’électricité et encore, les trois quarts sont absorbés par le Maghreb, l’Egypte et l’Afrique du Sud. Enfin les nombreux Etats loin des côtes affrontent des coûts élevés pour leur commerce extérieur.
Ce constat ne signifie pas un avenir bouché, mais les progrès s’annoncent complexes, coûteux et de longue haleine. Viennent d’abord les paysans capables comme partout ailleurs d’innover. Sans FAO et autres experts ils ont su adopter le maïs, l’arachide, le manioc, les piments originaires des Amériques en retour du commerce des esclaves. En 1879, des paysans de la Gold Coast (aujourd’hui Ghana) venus dans l’île de Fernando Po ramènent des cacaoyères locales des fèves de cacao qu’ils plantent dans leur pays. Dans les années 1950 les paysans du Kenya se lancent dans la culture du café, en s’inspirant des grandes plantations européennes. Après les indépendances, de belles ceintures maraîchères apparaissent de manière spontanée à l’entrée des villes en plein accroissement. Au Zimbabwe, au Malawi, des Africains se mettent au maïs hybride qui leur fait doubler leurs rendements à 2000 kg/ha. Progrès spectaculaire, l’introduction du coton dans l’Afrique francophone de l’ouest par la CFDT (Cie française des fibres textiles), organisation exemplaire d’efficacité.
D’autres changements plus ou moins spontanés apparaissent : charrettes sur pneus tirées par un âne, au lieu du portage sur la tête, introduction de la poulie sur les puits, grosse innovation dans des pays qui ignoraient la roue jusqu’à la période coloniale, ce qui permet dans le Sahel l’usage d’un chameau ou d’un cheval pour retirer l’outre de cuir du puits et irriguer son jardin potager.
Pour terminer, l’Afrique au sud du Sahara dispose d’un avantage disparu en Asie : des espaces à défricher et mettre en valeur.
Comment utiliser ces atouts ? Premier facteur, l’engagement massif des dirigeants et des coopérants sur le choix des priorités. Au Sahel, mais aussi dans bien d’autres régions mieux dotées en pluies vient l’irrigation par tous les moyens : grands travaux, puits tubés à motopompe. Le Mali pourrait irriguer grâce au Niger un million d’ha contre 85000 aujourd’hui. Ailleurs les cultures irriguées dans les bas-fonds offrent de larges possibilités. Construire des routes et prévoir des fonds d’entretien (ce qui est souvent oublié) est non moins urgent. Comme le disent des paysans camerounais : « Le développement suit la route. » L’électricité est tout aussi nécessaire comme elle l’est en Asie. La recherche agronomique et les services de vulgarisation devraient se renforcer. Enfin les Africains auraient intérêt à mieux protéger leur agriculture et leurs industries vulnérables à une trop grande ouverture internationale de leurs marchés.
Force est de reconnaître que ces priorités ne sont pas encore assez reconnues par les dirigeants africains comme par les agences de coopération, mais le retour de la Banque mondiale à l’agriculture et aux infrastructures (voir son rapport annuel 2008) pourrait exercer des effets bénéfiques.
Gilbert Etienne, Institut universitaire des hautes études internationales (IUHEI) et Institut universitaire des études du développement (IUED)
Gilbert Etienne
Source : Le Temps |
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Sahara : Poésie du Sahara : Djamel Benmerad
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| Posté par Touareg le 18/11/2007 14:06:48 (977 lectures) |
Chanter la rébellion
Chants d’exil, suivi de Lettres à mon fils, de Djamel Benmerad, est le sixième recueil de poésie de ce journaliste algérien qui fut notamment rédacteur en chef d’Alger Républicain et fondateur d’un titre qui reste sans doute le seul créé au Sahara, Reporter.
Au chapitre littéraire, on connaissait déjà de lui Champ d’impatience, paru à l’ENAL, ainsi que d’autres recueils publiés clandestinement ou à compte d’auteur. Depuis son exil en Belgique, en 1998, Djamel Benmerad, qui poursuit son métier de journaliste en free-lance, a investi encore plus l’écriture poétique à travers laquelle il exprime son lien intact avec le pays, le souvenir terrible des années noires mais aussi la beauté et l’amour, conçus comme raisons de vivre et de lutter. Il a ainsi déjà publié à Bruxelles trois autres recueils de poésie : Abrasion (Ed. Le Coudrier), Poèmes et autres tracts (Ed. Tétra-Lyre) et Perdre le Nord (Ed. Biliki). Avec Chants d’exil (Ed. Le coudrier, 2007), il confirme sa vision de la poésie, indissociable des engagements politiques. Mais sans doute, va-t-il plus loin puisqu’il ne peut imaginer de poésie qui ne soit rebelle, frondeuse, fondée sur l’indignation et le cri ? Dans l’introduction, intitulée Lettre d’un poète berbère aux poètes du monde entier, Djamel Benmerad affirme en effet : « Etre poète, c’est ne prétendre à rien et vouloir tout. C’est d’abord accompagner et chanter la rébellion. » C’est donc dans la veine séculaire des François Villon, Nazim Hikmet ou Vladimir Maïakovsky qu’il situe ses écrits, réfutant, dans une amusante lettre aux services de renseignements, l’étiquette de communiste pour se déclarer guévariste. Henri Alleg, qui préface le recueil, pose d’ailleurs cette question (sans jeu de mots) : « Faut-il vraiment une préface à ces vers ? », trouvant qu’ils sont si « bouleversants » et expressifs que tout discours devient superflu. C’est d’abord en Algérie que naissent les poèmes de Djamel Benmerad, même s’ils n’hésitent pas à se rendre à Ramallah, Bogota ou Baghdad, partout où le destin des hommes se conjugue avec la souffrance, l’injustice ou la misère. Le poète recherche un effet de vigueur, et son lyrisme contenu se traduit par des vers et des poèmes courts. Le verbe ramassé rappelle la tradition du malhoun algérien où l’économie de mots est compensée par leur tonalité et par la force des visions et des propos. On croirait aussi parfois lire des haïkus, (issu du haïkaï), poème classique japonais de trois vers, peu loquaces mais très diserts, comme dans Labeur qui se résume à trois beaux vers d’une seule phrase : « C’est un dur labeur/ Que de discerner parmi tous tes rires/ Ceux que tu me destines. » Dans cet univers où l’évocation du quartier, Hussein Dey, le souvenir des amantes ou les images ensoleillées de l’existence parsèment leurs émotions, la verve pamphlétaire se taille la plus grande part. Là, la poésie devient coup-de-poing, cri de rage, lame acerbe. De l’instantané qui fuse sans fioritures et se rapproche davantage de l’oralité pour dénoncer les aberrations, la corruption, la confiscation des libertés, l’hypocrisie politique. En cela, Djamel Benmerad s’inscrit dans la poésie moderne, libre en ses vers, capricieuse dans ses constructions et en rupture avec la joliesse attendue de l’héritage classique. Ce type d’écriture poétique, qui recherche la spontanéité de l’oralité quotidienne, correspond parfaitement au désir de l’auteur d’être au diapason des tags, signalant d’ailleurs que les fresques du Tassili ne sont que les tags de ses habitants du passé. Elle correspond aussi aux douleurs qu’il énonce, celle de l’exil mais, plus encore, de l’exil passé à contempler de loin son pays et à le sentir lui aussi douloureux. Mais, comme tout poète, c’est dans cette douleur amère qu’il entretient les graines d’un espoir immense.
Ameziane Ferhani
Source : El watan |
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Sahara : Tinariwen : le blues-rock venu du désert
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| Posté par Touareg le 14/11/2007 12:34:06 (630 lectures) |
Comme l’affirmait jadis le regretté Ali Farka Touré, le blues est né en Afrique. Aucun doute que Tinariwen incarne à merveille, de nos jours, cette célèbre déclaration du guitariste et chanteur malien.
Il y a surtout un mode de vie, de même qu’une résistance face à l’oppression nigérienne derrière la quête musicale de ces héros de la région de Kidal.

Véritables ambassadeurs d’une culture en crise migratoire, les débuts du groupe, en 1982, sont intimement liés à la situation d’exil et d’errance du peuple touareg. Ils chantent ainsi, en langue tamasheq, la lutte constante, la révolte, mais également l’amour, le travail et la paix, sur des rythmes qui empruntent tantôt au rock, tantôt aux airs traditionnels du sud algérien.
Joint par téléphone, le lendemain d’un concert à Washington et en route vers Ithaca (New York), le chanteur et guitariste Abdallah Ag Alhousseyni commente sur la genèse de Tinariwen.
« Ibrahim (Ag Alhabib) faisait partie de ces jeunes qui ont rejoint les camps militaires libyens au milieu de la décennie 70, juste après l’exil de 1963 et la grande sécheresse de 1973. Il fallait alors quitter le Mali à cause de la situation politique et économique dans le nord du pays. Vers 1978, il découvre la guitare électrique et commence alors à chanter la cause des touaregs. C’est alors que débute l’aventure Tinariwen. »
Désormais connue à travers le monde, grâce à l’apport indéniable du réalisateur anglais Justin Adams, la formation trouve le parfait équilibre entre tradition et modernité sur le plus récent Aman Iman (que l’on peut traduire par L’eau, c’est la vie).
« La cohésion du groupe est plus apparente sur ce disque. On perfectionne sans cesse notre jeu au fil des années. Chacun apporte ses influences, ainsi que son propre bagage musical. On découvre beaucoup de musique occidentale et cela vient qu’à se mêler aux références traditionnelles touaregs. »
Lorsqu’il est question du spectacle, il faut dire que ce membre à part entière connaît plutôt bien le rouage des longues tournées.
« Il faut simplement être à l’écoute. On joue à cinq sur scène pour cette venue aux États-Unis et au Canada. Il y a eu plusieurs dates en Europe au printemps dernier et on retourne encore en France au début décembre. Les gens vont pouvoir entendre des pièces des trois albums. L’interaction entre les guitaristes s’avère cruciale en spectacle. C’est vraiment à la base de notre musique. »
Même si l’étiquette « rock du désert » paraît réductrice de prime abord, le créneau dans lequel évolue Tinariwen pointe aussi vers une forme de blues rural et métissé, en lien direct avec l’héritage d’Ali Farka Touré. D’ailleurs, les sessions d’enregistrement d’Aman Iman ont eu lieu à Bamako. Sur ce troisième disque, les pièces mêlent le tamasheq (langue des touaregs) au français comme à l’arabe. Ainsi, Mano Dayak rend hommage à l’un des dirigeants les plus connus de la résistance touareg, alors que Toumast doit être compris « comme un appel au rassemblement et à l’unité, puisqu’un peuple divisé ne peut guère atteindre son but », selon Abdallah.
L’été dernier, Tinariwen a eu le privilège d’ouvrir pour les Rolling Stones à Dublin. Le groupe a aussi déjà joué sur scène avec Robert Plant et Carlos Santana. De plus, de nombreux critiques s’entendent pour dire qu’Aman Iman compte parmi les meilleures parutions de 2007. Malgré une telle reconnaissance médiatique, le guitariste et chanteur reste toutefois bien terre à terre.
« Ça nous fait vraiment plaisir de constater que notre musique voyage sans cesse et gagne en popularité. Par contre, notre engagement est toujours orienté vers la sauvegarde de notre culture. Nous sommes engagés pour la préservation de notre identité. »
On s’étonne même de l’entendre dire qu’il vient tout juste de faire la découverte de Johnny Cash.
« Même si je ne comprends pas ce qu’il chante, il y a une sincérité et une émotion dans cette musique qui me plaît beaucoup. » Quelle coïncidence !
David Cantin
Source : Le Soleil du Canada |
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Sahara : SAHEL : Des subventions pour envisager le problème de l’eau à long terme
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| Posté par Touareg le 2/11/2007 1:05:25 (866 lectures) |
DAKAR, 26 octobre 2007 (IRIN) - La somme de 150 millions de dollars versée par la Fondation Howard G. Buffett pour financer un projet hydraulique mené sur une période de 10 ans au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Sénégal et dans neuf autres pays d’Afrique et d’Amérique centrale pourrait marquer le début d’une nouvelle ère d’innovation ô combien nécessaire chez les bailleurs de fonds du secteur humanitaire, selon les organisations non-gouvernementales (ONG) investies dans le projet.
La somme versée par la fondation servira à lancer l’Initiative mondiale pour l’eau (GWI), un partenariat de sept associations caritatives et organisations humanitaires, qui recevront 15 millions par an pendant 10 ans.
Dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest en 2006, les subventions habituelles accordées par les bailleurs de fonds pour l’eau et l’assainissement s’élevaient à 130 000 dollars – tout juste 11 pour cent du 1,165 million de dollars sollicité par les organisations humanitaires – selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires.
« Nous avons constaté une évolution sur la scène des bailleurs de fonds, puisque ceux-ci consacrent désormais de plus grosses sommes d’argent au soutien budgétaire direct, ce qui est bien pour les gouvernements, mais a sapé l’énergie et les ressources des activités conçues et mises en place à l’échelle locale », selon Camilla Toulmin, directrice de l’Institut international de l’environnement et du développement (IIED) de Londres.
« Nous essayons de rediriger davantage d’énergie et de ressources vers les programmes locaux ; j’espère que cette initiative permettra de le faire ».
Les ONG financées par la Fondation Buffett doivent envisager la meilleure manière de fournir aux communautés un accès durable à l’eau potable et aux systèmes d’assainissement, et un accès à l’eau pour les besoins de la production rurale ; elles doivent également leur permettre de préserver et de gérer durablement les services écosystémiques.
« Divers programmes permettront d’approvisionner les communautés locales en eau et de les équiper en systèmes d’assainissement », pouvait-on lire dans un communiqué de la GWI, publié le 25 octobre.
« En outre, des sommes seront investies pour renforcer les institutions et la capacité des organisations à lancer et à faire fonctionner des projets à long terme, pour augmenter la participation des communautés, améliorer la gouvernance locale, faciliter la coordination et la coopération intergouvernementales, sensibiliser [les populations], mettre l’accent sur l’innovation et encourager la définition de politiques responsables en matière d’eau ».
« La GWI a été conçue pour intégrer tous les aspects d’une gestion intelligente des ressources en eau, des secours d’urgence et des besoins des communautés au développement et à la gestion durable des ressources », a expliqué Youcef Hammache, responsable de projet chez Action contre la faim (ACF), à Paris.
« Au Sahel, les besoins sont variés et les programmes de la GWI viseront à traiter l’ensemble de ces besoins à la fois à court et à long termes, pas uniquement au Sahel, mais dans les 13 pays couverts par la coalition de la GWI ».
USAID et les bailleurs européens traditionnels ont essuyé de vives critiques dans un rapport cinglant publié en juillet 2007 et coécrit par 10 ONG, dont la plupart des organisations investies dans la GWI. Les ONG ont reproché aux bailleurs de fonds de ne financer des programmes que pendant un ou deux ans, et d’exiger des résultats au lieu de laisser les ONG les expérimenter en vue de trouver les meilleures solutions possibles.
« La Fondation Buffett finance des activités qui ne donnent pas forcément de résultats rapides et immédiats ; elle est disposée à accepter que certaines de nos activités ne donnent pas toujours les résultats escomptés », a expliqué Mme Toulmin, de l’IIED. « Les ONG sont particulièrement intéressés par une gestion des projets à long terme, mais peu de bailleurs sont assez ouverts d’esprit et disposés à le faire ».
« Notre objectif est d’utiliser l’expérience de nos partenaires et d’en tirer parti pour concevoir une méthode flexible et spontanée en vue de permettre aux communautés pauvres d’avoir accès à l’eau potable. En créant de nouvelles circonscriptions et de plus solides alliances, et en assurant la participation de toutes les parties prenantes, nous espérons concevoir une nouvelle vision et un tremplin efficace vers le changement », a déclaré Howard Buffett, le président de la fondation.
Selon les experts, il est impératif d’améliorer l’accès à l’eau dans la région sahélienne de l’Afrique de l’Ouest pour accomplir des progrès en matière de santé et de nutrition et donner aux communautés majoritairement rurales les moyens de subvenir à leurs besoins tout au long de l’année, et non uniquement de juillet à octobre, pendant la saison des pluies annuelle.
Dans le monde, plus d’un milliard de personnes manqueraient d’eau salubre et 2,6 milliards, de systèmes d’assainissement. Les pays de la région sahélienne de l’Afrique de l’Ouest figurent systématiquement aux derniers rangs des indices de développement humain, en raison de taux de pauvreté particulièrement élevés et d’un accès à l’eau insuffisant.
Les ONG investies dans la GWI sont les suivantes : le Secours catholique, CARE, l’IIED, l’IUCN, SOS Sahel, ACF et Oxfam. En plus du Sahel, le projet couvre le Salvador, l’Ethiopie, le Ghana, le Guatemala, le Honduras, le Kenya, le Nicaragua, la Tanzanie et l’Ouganda.
La Fondation Howard G. Buffett est un organisme privé au capital de plusieurs millions de dollars, dirigé par le fils aîné de Warren Buffett, investisseur américain milliardaire.
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Sahara : Les dangers des routes du Sahara
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| Posté par Touareg le 31/10/2007 12:12:25 (636 lectures) |
« Les routes du Sahara tuent autant que la mer »
Les autorités sénégalaises doivent avoir une oreille attentive sur les routes transsahariennes qui servent aussi de lieux de passage à l’émigration clandestine, ont confié des Sénégalais établis au Ghana, à l’envoyé spécial de l’Aps à Accra.
« Nous avons l’impression que nos autorités n’ont d’yeux et d’oreilles que pour l’émigration clandestine à travers l’océan atlantique. Or, il y a plusieurs centaines de compatriotes qui tentent de passer par le désert pour atteindre la Libye et ensuite passer en Italie », a indiqué Serigne Fallou Mbacké, vice-président de l’Association des sénégalais vivant au Ghana. M. Mbacké, qui a passé plusieurs années en Libye avant de revenir à Accra, souligne que « les routes transsahariennes sont pavées de tombeaux de ces jeunes anonymes qui tentent l’aventure ».
« Personnellement, je suis passé à côté d’un village en plein désert. Il y a plusieurs jeunes sénégalais installés dans ce no man’s land sans aucune possibilité de poursuivre leur route et qui n’ont pas de moyens pour rebrousser chemin », a expliqué cet enseignant dans le privé à Accra. Pour l’ancien étudiant du département de Philosophie de l’Université Cheikh Anta Diop, « ces voies sahariennes font de véritables hécatombes ». « Le problème est plus ancien que les jeunes bravant l’océan atlantique à la recherche de l’Eldorado européen », a-t-il insisté, appelant « les médiats à s’impliquer davantage pour dissuader les jeunes qui se font tout simplement hara-kiri ». Serigne Fallou Mbacké, qui avait tenté l’aventure en Libye avant de venir s’installer au Ghana, est d’avis que « les gens se focalisent sur les jeunes empruntant les pirogues alors qu’il y a un autre drame dans le désert saharien ».
« Beaucoup de ces jeunes passent par le Mali », a ajouté Mamadou Diop qui a fait pratiquement tous les pays de la sous-région ouest-africaine avant de s’installer depuis cinq années au Ghana « où on peut travailler librement si on respecte toutes les lois de ce pays ». « Dans un passé récent, les gens pensaient qu’il était facile d’aller en Italie en passant par la Libye. S’il y a des émigrés qui l’ont réussi, la majorité d’entre eux se trouve coincée une fois dans le désert », a-t-il dit, précisant qu’ils sont souvent la proie des passeurs indélicats. Pour lui, comme pour son compatriote, Serigne Fallou Mbacké, « les médiats doivent pousser la sensibilisation en expliquant aux jeunes que les routes sahariennes ne mènent qu’à la mort ».
APS |
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Sahara : Processus de sécurisation des pays de la bande sahélo-saharienne
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| Posté par Touareg le 20/10/2007 2:17:58 (648 lectures) |
Les USA perdent l’initiative des opérations
Les pays de la bande sahélo-saharienne viennent de reprendre officiellement l’initiative dans le processus de sécurisation de la sous-région, constamment dans la ligne de mire des Etats-Unis ces dernières années.
En effet, le déplacement du ministre algérien des Affaires étrangères au Mali, dans le cadre de la réunion de la grande commission mixte entre les deux pays, a abouti, selon la presse malienne, à une décision stratégique : l’organisation d’une rencontre des pays de la bande sahélo-saharienne à Bamako. Ce rendez-vous, qui a été annoncé jeudi dans la foulée des travaux de la commission mixte par le ministre malien des Affaires étrangères, Moctar Ouane, marque en effet un changement de cap de la part de Bamako, surtout dans la façon d’appréhender et de contrer la menace terroriste dans la sous-région. Il n’est désormais plus question de s’embarquer avec armes et bagages dans les contingents US pour sécuriser les frontières de plus de 25 pays composant cet ensemble géographique. Ces pays entendent prendre en charge, solidairement, la sécurité de leur territoire. Une initiative qui s’apparente à un message subliminal aux Etats-Unis qui ne désespèrent pas de pouvoir installer le quartier général de l’Africom dans l’un des pays de la région. Mais après plus de cinq mois de négociations, le Département d’Etat a échoué à trouver un pays qui pourrait « héberger » les troupes nouveau-nées du Pentagone en Afrique. Mis à part le Liberia qui s’est proposé d’accueillir le QG de l’Africom, les pays sahariens se sont donné le mot pour décliner les « avances » des Américains drapés de l’argument commode et à la mode de la lutte contre la nébuleuse d’Al Qaïda. La convocation de cette importante réunion des pays sahélo-sahariens « dans un délai proche », comme l’a précisé le MAE du Mali, confirme la nouvelle stratégie de ce pays à refuser les troupes américaines sur leur territoire. C’est sans doute en désespoir de cause que le couple Pentagone-Département d’Etat qui pilote le projet s’est résolu à installer le QG à Stuttgart, en Allemagne, où est stationné le commandement des forces américaines en Europe (Eucom). Bien que Condolezza Rice ait insisté en avril dernier à Washington dans une conférence de presse qu’il n’était pas opérationnellement efficace ni financièrement rentable de baser l’Africom en Europe, les stratèges US ont dû le fixer au moins jusqu’ à fin 2008 à Stuttgart devant le front de refus qui s’est constitué dans la région subsaharienne.
Le lobbying d’Alger
Sans être partie prenante de cette entité sahélo-saharienne, l’Algérie aura joué un rôle moteur dans la prise de conscience de ces pays quant aux conséquences d’une présence militaire permanente des forces américaines dans la région. Il n’est pas fortuit que la réunion prochaine de la communauté des pays sahélo-sahariens soit annoncée au terme de la visite du ministre algérien des Affaires étrangères au Mali. Son homologue malien ne laisse aucun doute sur les conseils d’Alger à Bamako. « Le Mali et l’Algérie ont renouvelé leur engagement visant à faire de la région sahélo-saharienne un pôle de stabilité et de développement », a-t-il en effet déclaré, précisant que « c’est dans cette optique que s’inscrit l’initiative du président (malien) Amadou Toumani Touré de réunir ici même, à Bamako, dans un délai proche, une conférence sur la sécurité, la paix et le développement dans la région sahélo-saharienne ». C’est une sorte de renvoi d’ascenseur pour « l’appui constant de l’Algérie au Mali (…), son rôle constructif dans la préservation de la paix dans les régions du nord du Mali, notamment à travers son soutien à l’accord d’Alger signé avec les ex-rebelles touareg en 2006 ». Dernièrement encore, l’Algérie a été pour beaucoup dans l’arrêt des hostilités entre l’armée malienne et le chef rebelle touareg de Kidal, Ibrahim Ag Bahanga, qui a rompu la trêve en août dernier. Le fait aussi que durant son séjour à Bamako, M. Medelci soit reçu en audience par Amadou Toumani Touré, et Modibo Sidibé, respectivement Président et Premier ministre de la République du Mali confirme que le « lobbying » algérien dans ce pays a payé. En clair, la présence américaine dans cette région se limiterait au fameux « plan pan-sahel » conçu par le Pentagone, la CIA et le Département d’Etat et que les Marines devraient lever le camp à Stuttgart une fois les opérations terminées comme cela avait été le cas lors du programme Flintlock de 2005 pour lutter contre l’infiltration des éléments d’Al Qaïda dans la sous région sahélo-saharienne.
Hassan Moali
Source : El watan |
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Sahara : Mission humanitaire dans le désert
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| Posté par Touareg le 19/10/2007 15:11:26 (721 lectures) |
C’était la troisième journée du rallye « Trophée Rose des Sables » mercredi et nos représentantes, en plus d’être bien positionnées dans le classement, ont eu l’occasion de s’engager de façon concrète sur le plan humanitaire. Ainsi, mercredi avait lieu la remise de matériel scolaire à des enfants du Maroc qui vivent dans des conditions précaires. Il semble que ce fut un moment fort en émotions pour toutes les participantes. Le rallye s’est déroulé sur 214 kilomètres entre les villages de Timerzif et de Merguza. En ce qui concerne la compétition, l’équipe de Nathalie Lapalme, de Chambly, est classée 6e sur 49. Celle de Manon Couture et de Johanne Hamel, de St-Mathias-sur-Richelieu et Carignan se retrouve au 21e rang.
source: Chambly Matin |
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Sahara : Les américains veulent s'insaller au sahel
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| Posté par Touareg le 16/10/2007 1:02:49 (579 lectures) |
Les exercices d’entraînement multilatéraux encadrés conjointement par les Etats-Unis et le Mali baptisés « FLINTLOCK 2007 » ont débuté lundi, a-t-on appris de rapports en prévenance de Bamako; Washington présente ces exercices comme « une aide afin de maîtriser les technologies de l’information pour nous permette d’opérer avec un groupe de personnes disséminées géographiquement». Ces manœuvres sont connus pour avoir comme mission principale l’assistance des pays, dits « partenaires » par les américains, dans la région de l’Afrique subsaharienne, à planifier et exécuter les systèmes de commandement, de contrôle , et de communication dans le cadre de missions humanitaires et de maintien de la paix ainsi que la gestion des catastrophes, mais ces exercices interviennent quelques semaines avant la désignation, octobre prochain, des pays qui abriterons le commandement éclaté de « Africom » prévu dans un seul pays dans une version antérieure. Une dépêche de l'agence panafricaine d'information (PANA), rapporte que les contingents de l’Algérie, le Maroc, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Tchad, la Tunisie, la Mauritanie, le Sénégal, la grande Bretagne, la hollande, la France, et le canada ont pris part au exercices sans qu'aucune absence ne soit signalée. « FLINTLOCK 2007 » est le troisième volet d’une série d’exercices militaires effectués dans la région subsaharienne en l’espace de deux ans; une région considérée par Washington comme « le repère des organisations terroristes et des trafiquants d’armes ». En dépit du manque d'enthousiasme officiel, publiquement exprimé, des pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne à l’égard du projet "Africom", le commandement militaire américain vise par ce rapprochement d'afficher sa détermination à réaliser son « rêve américain » dans la région sous couvert de la lutte contre l’immigration clandestine et le trafique de drogue ainsi que le contrôle des frontières et la lutte antiterroriste, pour garantir la stabilité de la région. Le sous-secrétaire adjoint principal à la Défense chargé des Affaires politiques M. Ryan Henry a reçu une réponse négative de la part de hauts responsables aux ministères de la défense et des affaires étrangers de l'Algérie, le Maroc, la Libye, l’?gypte et le Djibouti ainsi que de la part de responsables à l’union africaine. La première salve des discussions qui s’est tenue à Paris, réunissait d’autres pays dont le Nigeria, l’Afrique du sud, le Kenya, ?thiopie, le Ghana, et le Sénégal, ce qui laisse à penser que les exercices militaires se déroulant dans plusieurs pays du sahel, visent à apporter les dernières retouches à "Africom" qui nécessite le concours de plusieurs Etats afin d'installer son commandement. Ces manœuvres militaires coïncident avec une session d’entraînement conjointe, entre les forces armées et les forces de sécurité de la Mauritanie et des Etats-Unis qui se déroule sur un mois dans la province du bassin orientale au frontière du Mali; d’autre part une délégation d’officiers américains est en Tunisie depuis le week-end dernier dans le cadre des formations militaires de l’Université "Capstone" et de coordination sécuritaire entre les deux pays. A noter que l’amiral Edmund Giambastiani Jr adjoint au chef d’état-major américain a effectué une visite en Tunisie la semaine passée en prévision des réunions de la commission militaire commune, d'autre part l'adjoint au secrétaire d'état chargé du moyen orient M. David Welsh est attendu en Libye pour effectuer des discussions préliminaires avec de hauts responsables afin de paver le terrain pour la visite du secrétaire d'état américain Condoleezza Rice prévue en octobre prochain. Source : Journal El-Khabar. |
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Sahara : Une naissance dans le vol Kinshasa-Bruxelles au dessus du Sahara
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| Posté par Touareg le 14/10/2007 0:50:31 (479 lectures) |
Une petite fille est née dans la nuit de jeudi à vendredi à bord du vol Kinshasa-Bruxelles de la compagnie belge Brussels Airlines lorsque l'avion survolait le Sahara, a indiqué la compagnie dans un communiqué.
Le bébé, qui a reçu le prénom de Daniella --celui de la copilote du vol-- et la maman, une ressortissante de la République démocratique du Congo de 31 ans, "se portent bien grâce aux soins donnés par deux médecins qui se trouvaient à bord ainsi que par l'équipage", précise Brussels Airlines.
La naissance a eu lieu vers 02H00 GMT alors que l'appareil, un Airbus A330-300, survolait le désert du Sahara. "En l'absence d'aéroports proches pour dévier l'avion, l'accouchement a eu lieu à bord", a expliqué la compagnie.
"Dès l'atterrissage à Bruxelles, la mère et le nouveau-né ont été transportées à l'hôpital et, d'après les dernières nouvelles, toutes deux se portent très bien. Le vol SN352 avait donc 233 passagers à bord au départ et 234 à l'arrivée", conclut Brussels Airlines.
Source : AFP |
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Sahara : Les Touaregs combattent l’injustice
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| Posté par Touareg le 6/10/2007 14:24:31 (406 lectures) |
Entretien avec Kaocen MAÏGA, porte parole du MNJ
Cela fait déjà un moment que la situation au Pays touareg sent le pourri. Après des années de conflits armés entre différents mouvements touaregs et les Etats du Mali et du Niger, ces deux Etats ont fini par s’asseoir à la table des négociations et ont signé des accords de paix avec les Touaregs. Ces accords ont été facilités principalement par la France et le régime algérien. L’on pouvait alors croire à une sorte de paix et plus de reconnaissance evers les Touaregs. Le temps a fini par donner raison aux partisans de la non-signature des accords avec ces régimes corrompus. En effet, aucun effort digne de ce nom n’ait été fait pour honorer leurs engagements notamment pour améliorer la situation des Touaregs. Malgré de nombreuses initiatives des Touaregs afin de faire prendre conscience à ces Etats de la gravité de la situation et de la nécessité du respect des termes des accords signés, il n’y a eu aucune réaction positive et apaisante de la part des régimes.
Ne pouvant accepter ce mépris affiché des Etats, et face à l’échec de toutes les démarches pacifiques, le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) a décidé de passer à l’action armée. Ainsi, le 8 février 2007, avec l’attaque d’Iferouane, le MNJ signe son premier acte par lequel il déclare la guerre au gouvernement nigérien. Depuis, les affrontements se sont multipliés dans l’Ayr entre les combattants du MNJ et l’armée du Niger.
Afin de mieux comprendre l’action du MNJ, ses objectifs ainsi que les raisons qui ont poussé ses dirigeants à prendre les armes, nous avons été à la rencontre de Kaocen MAÏGA, Secrétaire général du Mouvement et Porte parole en France, qui a bien voulu répondre à nos questions.
La Rédaction
Tamazgha.fr : Quel est le problème qui se pose aujourd’hui au Pays touareg et plus exactement dans l’Air ?
Kaocen MAÏGA : Ce qui nous oppose à l’armée du Niger est un problème de Justice : nous menons une lutte pour la justice. Et notre but, dans ce combat, est de porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale les injustices dont sont victimes les Nigériens. Il faut savoir que le régime dictatorial de Tanja est entrain de spolier les richesses ; les dirigeants du régime de Niamey sont entrain de détourner massivement les aides destinées aux populations, donc les fonds de l’Etat, et tout ce qui est destiné à la santé et à l’Education va dans leurs poches. Les régions du Nord et du Sud se trouvent ainsi abandonnées et il n’y a aucune volonté de développement des régions particulièrement de l’Ayr et l’Azawad.
La question touarègue et le conflit qui oppose les Touaregs aux Etats en place ne datent pas d’aujourd’hui. Peux-tu nous faire un bref rappel sur les relations qui ont marqué l’histoire récente entre les Touaregs et l’Etat du Niger ?
L’histoire entre les Touaregs et l’Etat du Niger remonte aux indépendances. En effet, au lendemain des indépendances il y a eu beaucoup de problèmes de marginalisation des populations nomades touarègues venant de la part du gouvernement surtout à cause de leur passé guerrier, et à leur désir de vivre dans un État independant. A partir de là, les Etats du Niger et du Mali ont déployé toutes leur energie afin que ces populations ne puissent suivre la marche de l’Histoire. Les premières révoltes touarègues remontent aux années 1990 où l’armée nigérienne a massacré plus de 3200 civils dans la région de Tchin-Tabaraden pour leur appartenance ethnique à la communauté amazighe. Suite à ces massacres, les Touaregs ont réagi et de là est né le Front de libération de l’Ayr et de l’Azawad (FLAA). C’est de là qu’est née la rébellion touarègue. Ensuite il y a eu des accords de paix qui ont été signés le 24 avril 1995. Par la suite, d’autres accords additionnels, au Burkina-Faso et dans d’autres pays, on été signés entre les combattants touaregs et l’Etat du Niger. La flamme dite la paix, ayant consacré une sorte de paix entre les Touaregs et l’Etat du Niger, a été allumée en septembre 2000 suite à quoi il y a eu dissolution de tous les fronts touaregs. Mais depuis cette signature, et bien avant d’ailleurs, il n’y a eu aucune volonté de la part du gouvernement du Niger d’appliquer les accords de paix signés entre Touaregs et l’Etat du Niger. Entre 2000 et 2005, il n’y a eu aucun investissement qui ait été fait dans ce cadre, il n’y a eu aucune réinsertion réelle des combattants. A titre d’exemple, il y a eu un fond d’aide à la réinsertion attendu depuis 1995 (soit 11 ans) et qui n’a été débloqué que l’an dernier (2006) pour environ 200 ex-combattants, d’un montant de 200 euros (13000 FCFA) ! Attendre 11 ans pour percevoir 200 euros, il faut le faire ! Ceci a conduit la population à s’adresser au gouvernement pour lui faire part de ses revendications notamment en s’indignant du non respect des accords, tout en faisant savoir l’éventualité de porter cette situation à la connaissance de l’opinion internationale. Nous avons donc épuisé tous les moyens qui pouvaient conduire le gouvernement nigérien à prendre ses responsabilités et honorer ses engagements. Cette volonté de notre part de trouver une issue politique au problème a duré jusqu’à la fin de l’année 2006 quand plus de 450 ex-combattants ont remis au président Tandja, et à son Premier ministre de l’époque une pétition à propos de la non-application des accords. Il n’y a eu aucune réaction de la part du gouvernement nigérien qui est resté indifférent refusant ainsi d’assumer ses responsabilités. Ceci a conduit le MNJ, en février 2007, d’attaquer une compagnie de l’armée nigérienne à Iferwan dans l’Ayr où il y a eu 3 morts du côté des militaires. Depuis, est né ce nouveau conflit entre le MNJ et le gouvernement nigérien.
Peux-tu nous dire un mot sur la situation sur le terrain du côté des combattants touaregs ?
Au niveau de la population, il faut dire qu’il y a eu beaucoup de massacres. L’armée tue les civils, elle les arrête et les emprisonne. Des dizaines de civils sont portés disparus. Et maintenant, l’armée est passée à une autre étape de la répression : elle tue et les civils et leur bétail. Nous avons porté cette situation que nous avons dénoncée auprès du CICR (la Croix rouge internationale) ainsi qu’auprès des organisations internationales qui mènent des actions humanitaires. Nous leur avons rappelé qu’il y a une sorte d’injustice, une violation du droit international et des droits de l’Homme qui se pratique au Niger, et particulièrement au Nord, contre les populations touarègues. Sur le terrain, il se passe que depuis le début de ce mouvement le MNJ a respecté ses engagements dans la mesure où il n’a jamais porté atteinte aux populations civiles, il a toujours combattu le régime en place à Niamey particulièrement l’armée nigérienne qu’il a combattu sur tous les fronts. Les combattants du MNJ ont fait 78 prisonniers parmi les militaires nigériens. En tout, 42 prisonniers ont été remis récemment à la Croix Rouge, et 14 à la CEN-SAD (Communauté des Etats sahélo-sahariens) à travers la médiation libyenne. Les combattants du MNJ sont donc confiants. Ils sont décidés à combattre le régime et à rétablir la justice et l’ordre juste dans ce pays.
Y a-t-il des territoires contrôlés aujourd’hui par les combattants touaregs ?
Tout le territoire qui va d’Agadez jusqu’au Nord e l’Ayr est sous le contrôle des combattants du MNJ.
Avez-vous été rejoints par des éléments touaregs qui appartiennent à l’armée régulière nigérienne ?
Des centaines de militaires, officiers et soldats, ont quitté leurs postes au sein de l’armée nigérienne pour nous rejoindre. Ils l’ont fait car ils ont compris que ce régime est despotique et injuste et qu’il n’a aucune volonté de respecter les accords de paix ou les droits des citoyens. Il y a eu aussi beaucoup d’élu politiques
Et la population touarègue, a-t-elle exprimé son soutien au MNJ et aux combattants touaregs ?
Le Gouvernement nigérien a mené une vaste compagne raciste et xénophobe contre les Touaregs ; les représentants de l’Etat nigérien ont appelé au crime contre les Touaregs, mais les citoyens nigériens dans leur ensemble sont restés calmes. Quant à la population touarègue, consciente du problème qui est le sien, consciente de la marginalisation qu’elle subit depuis les indépendances, consciente des massacres et crimes commis, soutiennent totalement le MNJ.
Quels sont les objectifs, voir les revendications, du MNJ ?
Comme son nom l’indique, le MNJ aspire à plus de justice. Dans ce pays qui est le Niger, on tue les gens gratuitement, on vole l’argent du peuple, on spolie les caisses de l’Etat,... Il n’y a vraiment aucune justice. Et ce que nous voulons est de rétablir l’ordre juste ; instaurer l’égalité entre les citoyens. Aujourd’hui, tous les citoyens ne sont pas sur le même pied d’égalité : il y a des régions, comme celle du Nord, qui sont complètement abandonnées. La région du Nord, par exemple, est la région la plus riche du pays ; elle fournit plus de 70% des richesses du pays et pourtant il n’y a pas un seul hôpital viable, pas une seule université, il n’y a pas une seule école digne de ce nom, il n’y a pas une seule route, il n’y a aucune infrastructure construite dans cette région. Cela montre que l’Etat du Niger ne considère pas les citoyens de cette région comme des citoyens à part entière. C’est cette injustice que nous combattons. Nous nous levons contre le fait que des citoyens soient considérés comme des citoyens de seconde zone. Nous nous levons contre la mauvaise répartition des richesses qui proviennent du Nord : toutes les richesses qui proviennent du sous-sol de cette région sont rapatriées à Niamey et les populations du Nord n’en tirent aucun profit. C’est tout cela que nous condamnons. Notre objectif, justement, est d’arriver à ce que le gouvernement accorde à ces régions une certaine autonomie dans leur gestion, qu’elles soient responsables de leur avenir, qu’elles soient en mesure d’assurer l’éducation de leurs populations et garantir leur santé.
Quelles sont les richesses existant dans le pays touareg ?
Le sous-sol touareg est très riche. On en trouve de l’or, de l’uranium, du pétrole et bien d’autres minerais.
Ces richesses sont-elles exploitées ?
Oui, elles sont massivement exploitées. C’est d’ailleurs l’une des raisons du conflit qui nous oppose au gouvernement nigérien. En effet, depuis le début de l’année le gouvernement nigérien a accordé plus de 122 permis de prospection. Ces permis ont été accordés à des sociétés chinoises, sud-africaines, canadiennes, australiennes, indiennes, ... qui vont venir sans l’accord ni la consultation des populations touarègues qui sont les populations autochtones de la région. En violation des droits des peuples autochtones, ces sociétés vont venir exploiter les richesses d’un sous-sol sans employer les populations auxquelles appartient ce sous-sol et sans se soucier de leur mode de vie basé sur le respect de l’environnement. Ils vont détruire l’environnement ainsi que la culture des nomades qui vivent dans ce désert.
Et les ressources de l’exploitation de ces richesses ne reviennent jamais aux Touaregs...
Non ! Elles ne reviennent jamais à ces régions. Et c’est justement là le problème. De plus, lorsqu’on dit que ces régions doivent s’occuper elles-mêmes de leur développement, à travers une forme de décentralisation, il faut bien leur donner les moyens de le faire.
Certains disent que les combattants touaregs sont financés par la Libye, donc Kadhafi. Qu’as-tu à dire à ce sujet ?
Ceux qui soutiennent ces propos ne font que relayer les allégations du gouvernement nigérien qui veut faire croire que nous sommes soutenus par Kadhafi. Ce même gouvernement qui dit, par ailleurs, aussi que la France, à travers AREVA, finance les combattants touaregs. Nous disons, bien entendu, qu’il s’agit là d’allégations mensongères et nous insistons là-dessus. Si nous sommes soutenus par qui ce soit ça se saurait. Ni AREVA, ni la France ni la Libye ne financent les combattants touaregs. Les combattants touaregs sont financés par les aides que leur apportent les populations touarègues notamment les commerçants.
Pour revenir à Kadhafi, nous savons qu’il est un dictateur et qui, de plus, appartient à une idéologie bien déterminée qui es l’idéologie arabo-musulmane. Est-ce que, par principe, le MNJ accepterait une aide qui viendrait de ce tyran ?
La Libye est un Etat voisin et il a souvent intercédé dans les conflits qui ont opposé les Touaregs au gouvernement du Niger. Récemment, dans le cadre du CEN-SAD dont Kadhafi est le président en exercice, et suite à la demande du gouvernement nigérien pour une médiation en vue de la libération de certains prisonniers, nous avons accédé à sa requête en libérant 14 prisonniers, en plus de ceux remis au CICR. Cela pour montrer que nous n’avons pas pour objectif de combattre les populations mais plutôt le gouvernement du Niger qui nie aux populations leurs droits. Les relations qui peuvent exister entre nous et l’Etat libyen ou Kadhafi ce sont des relations à travers des organisations comme le CEN-SAD. Il n’y a donc aucun financement qui nous lie à Kadhafi.
Il n’y a donc aucun lien idéologique entre le Mouvement touareg et Kadhafi ?
Non ! Nos revendications ainsi que notre idéologie sont clairs. Tout est sur notre site Internet : c’est public. Nous n’avons jamais dit que nous sommes à la solde de Kadhafi ou à la solde d’un autre Etat tel que la France qui nous donneraient des idées ou qui nous financeraient.
D’autres disent (et peut-être les mêmes d’ailleurs) que les combattants touaregs sont en étroite relation avec les islamistes notamment ceux d’entre eux qui opèrent sous le nom du GSPC, récemment rebaptisé Qaïda-maghreb, sur le territoire occupé par l’Etat algérien. Qu’est-ce que le MNJ pense de cela ?
Nous ne sommes ni un mouvement terroriste ni une bande de bandits comme le prétend un certain régime qui, lui, est despotique. Nous, nous sommes le Mouvement des nigériens pour la justice. Nous luttons pour la justice. En général, les bandits ne luttent pas pour la justice et ils luttent en cachette. En ce qui nous concerne, nous luttons pour que notre peuple accède à la justice. Nous n’avons aucune connexion avec une quelconque organisation terroriste. Et si tel était le cas, on l’aurait dit haut et fort car, généralement, les organisations terroristes assument leurs actes. Encore une fois, nous sommes un mouvement, nous avons des revendications claires et nous combattons un régime ; nous ne combattons pas la population. Je tiens aussi à préciser que nous ne sommes pas un mouvement religieux.
Peux-tu nous dire un mot sur le rôle de la France ainsi que celui des Etats-Unis dans ce conflit qui oppose les Touaregs au gouvernement du Niger ?
Il est de notoriété publique que le rôle de la France est historique dans cette région d’Afrique. Faudrait-il rappeler que la France est la puissance colonisatrice. Elle est consciente de tous les problèmes que rencontrent les populations dans cette région. Aujourd’hui le Niger accuse la France de financer, à travers AREVA qui est une multinationale française, la rébellion touarègue. Nous disons, bien entendu, que cela est faux. Seulement, nous disons également que la France a une responsabilité dans ce conflit. La France a aussi parrainé tous les accords de paix signés entre les différents mouvements touaregs et l’Etat du Niger. Cela doit lui permettre de ne pas être du côté du gouvernement comme c’est le cas en ce moment. Ce que nous tenons à dire à la France, tout comme pour les Etats-Unis d’Amérique, c’est que si les Etats amis du Niger ne sont pas capables de l’aider à accéder à la paix et au dialogue, ils n’ont qu’à laisser les Nigériens régler leurs problèmes entre eux. Mais ce qui se passe en ce moment s’appelle de l’ingérence. La France comme les Etats Unis versent dans l’ingérence. Ces Etats sont entrain d’aider des régimes à détruire une population et une culture. Ceci est inadmissible et nous pensons que la France en particulier aura à assumer ses responsabilité devant l’Histoire qui, un jour ou l’autre, l’interpellera et rendra compte quant à son indifférence, voir sa complicité, dans l’action d’une armée ethnocentrique qui est entrain de massacrer des populations dont le seul "tord" est d’être touarègues.
Nous appelons aussi l’opinion internationale afin de faire en sorte que le problème touareg soit posé et résolu dans son ensemble. La population est fatiguée de toutes ces tentatives qui ne donnent pas de résultats. Et tant que nous ne sommes pas assis autour d’une table pour parler des problèmes qui sont ceux de la communauté et du peuple en général, je pense qu’il n’y aura jamais de paix. Pas de Paix sans Justice, et pas de Développement sans Paix.
D’autre part, il y a un problème d’ingérence internationalisée des pays comme la Chine et l’Afrique du Sud qui interviennent dans le conflit en fournissant à l’armée nigérienne des armements modernes afin de venir à bout de la rébellion. La motivation de ces Etats est, sans doute, que les filiales de leurs entreprises qui ont obtenu des permis de prospection puissent exploiter les richesses du sous-sol touareg. Il s’agit là d’une ingérence que l’opinion internationale doit condamner fermement.
Il semblerait que les Etats-Unis sont présents sur place militairement, aussi bien au Niger qu’au Mali, et il semblerait même qu’ils assistent les armées de ces deux Etats ?
Tout à fait. Il y a un accord entre les Etats-Unis et ces deux Etats, le Mali et le Niger. D’ailleurs, un des ambassadeurs des Etats-Unis a clairement dit qu’ils allaient tout faire pour aider ces Etats à combattre les populations rebelles. Ceci est de l’ingérence et de l’injustice.
Si je comprend bien, les Etats Unis sont conscients qu’ils n’ont pas à faire à des bandits ni à des terroristes, mais ils vont tout de même aider les Etats du Niger et du Mali à combattre les Touaregs qui ont pris les armes...
Effectivement. Les Etats-Unis étant des observateurs dans le Ténéré (Sahara) depuis plusieurs années, ils savent qui sont les terroristes et savent qui est le MNJ. Ils savent que nous ne sommes pas un mouvement de bandits et que nous ne sommes pas des terroristes. Ce qu’ils font aujourd’hui c’est aider les gouvernements contre les Touaregs.
Et quel est leur intérêt ?
Leur intérêt est de venir détruire une culture et une population et continuer à laisser un gouvernement exploiter à grande échelle ce territoire sans pour autant consulter les populations ni contribuer à leur développement et, pourquoi pas, plus tard, prendre le contrôle total du Ténéré, comme ils l’ont fait avec les indiens. Quant à nous, nous vivons dans le Ténéré. Notre souhait c’est que l’on nous laisse continuer à y vivre tranquillement. Et il est inadmissible de venir exploiter des conflits qui n’ont pas lieu d’être.
En d’autres termes le Ténéré nous appartient et nous devrions y vivre en toute souveraineté ?
Oui, on doit être souverains dans ce Ténéré et on doit en assurer la sécurité.
Qu’est-ce que le MNJ et les Touaregs qui luttent pour la liberté de manière générale attendent des Imazighen (Berbères) et notamment de ceux d’entre eux qui vivent en France ?
Aujourd’hui, le peuple touareg est entrain d’être exterminé. Plusieurs Etats, plusieurs puissances sont entrain de collaborer avec un gouvernement dictatorial pour détruire toute une culture qui concerne, effectivement, tout le peuple amazigh. Ce qui nous arrive aujourd’hui, c’est ce qui arrivera à tout le peuple amazigh dans un futur proche si nous ne réagissons pas et restons "les bras croisés". Tout le monde doit se lever comme un seul Homme pour combattre cette injustice et cette sorte de coalition internationale contre un peuple. Un peuple qui dépasse les frontières établies par les puissances coloniales, un peuple dont le pays est l’Afrique du Nord entière, ce peuple qui a droit à l’existence. Nous appelons nos frères à ce qu’ils se mettent à nos côtés afin que le droit à l’autodétermination, qui est un droit international consacré par les Nations Unies, s’applique chez nous et que cessent les massacres des populations touarègues comme c’est le cas aujourd’hui.
Un mot pour les lecteurs de Tamazgha.fr
Nous tenons à les saluer et à les remercier. Tamazgha est un organe qui assure une véritable diffusion de la cause amazighe. Et pour nous Tamazgha est une fierté. Nous souhaitons seulement que tout le monde soit uni, "fus deg fus", pour qu’un jour nous soyons libres de nos idées et vivre en paix dans un territoire développé.
Propos recueillis par Masin FERKAL
Source: Tamazgha.fr |
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Sahara : Des os dans le désert
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| Posté par Touareg le 5/10/2007 21:11:17 (422 lectures) |
Le livre de Sergio González Rodríguez, Des os dans le désert, sur le féminicide de Ciudad Juárez (Mexique) est à la fois une radiographie du mal et un réquisitoire contre l’impunité.
Sergio Gonzalez Rodriguez présentera son ouvrage le samedi 13 octobre à 16h30 à la bibliothèque Saint-Jean (Lyon 5e).
 L’affaire aura fait le tour du monde, mobilisé les forums et les ONG. Le juge anterroriste espagnol Baltasar Garzón parla de crimes contre l’humanité. L’auteur de ces pages, écrivain et journaliste mexicain, d’un des plus « stupéfiants » mystères criminels de tous les temps. Bienvenue en enfer. Bienvenue dans « la quatrième dimension », dira l’ex-agent du FBI Robert K. Ressler, spécialiste des meurtres en série (il servit de conseil pour le film Le Silence des agneaux) convié sur place.
De 1993 à 2007, près de 500 jeunes femmes ont été assassinées à Ciudad Juárez (1,4 million d’habitants) ville-frontière du nord du Mexique, en face d’El Paso (Texas), sans compter des centaines de disparues. Le mode opératoire était souvent identique : enlèvement, séquestration, viol, strangulation, tortures, avant que les corps mutilés ne soient retrouvés dans des terrains vagues. La plupart des victimes étaient pauvres, et travaillaient dans les maquiladoras, ces usines d’assemblage à capitaux étrangers qui emploient une main-d’œuvre bon marché.
Située aux portes du désert, Ciudad Juárez est une ville « à la splendeur révolue ». Celle qui inventa le cocktail Margarita et où les vedettes de cinéma, les toreros et les coureurs automobiles venaient s’y amuser est devenue une enclave surpeuplée de l’économie mondialisée – avec ses migrants, ses fêtards, ses gangs, ses trafiquants de drogue. « Comme dans d’autres pôles frontaliers de la planète, exploiter le corps apparaît comme un besoin pressant », avance le journaliste. C’est donc dans cette « arène de la violence » que s’inscrit la méticuleuse enquête de González Rodríguez. Alimentée de témoignages, de rapports, d’études, d’informations médico-légales, elle forme un puzzle éprouvant à reconstituer, mais où chaque pièce éclaire la face cachée du féminicide. Car pour l’auteur, la question du mal n’est pas métaphysique, mais politique, sociale, culturelle.

Rituels sataniques, snuff movies, assassins soucieux de divertissement (spree murders), prédateurs imitateurs ? On ne saura pas. Mais des corps ont été découverts près de ranchs de grands propriétaires où des narcotrafiquants organisaient des orgies. Et peu à peu, dans cette épaisse confusion, un tissu de complicités apparaît entre le crime organisé et les différentes institutions, expliquant l’impunité dont bénéficieraient les auteurs. Car la corruption, à Ciudad Juárez, fait office de lien social. C’est une ville où la police élucide 2,58% des affaires criminelles, où le baron d’un cartel peut être le frère du procureur général, où les trafiquants de drogue, ici plus qu’ailleurs, sont des investisseurs comme les autres, et « reçoivent protection » en retour de leurs investissements.
« Tous tirent des avantages de secrets partagés », résume l’auteur, du monde de l’entreprise jusqu’au sommet de l’État. La police locale retiendra ainsi longtemps sa version de l’affaire : les victimes menaient « une double vie », et les faits sont imputables à leurs « mœurs dissolues ».
Les services judiciaires, quant à eux, ont déclaré sans rire qu’il s’agissait davantage de « problèmes (…) d’éducation et d’un manque de respect vis-à-vis d’autrui », préférant le terme de violences domestiques. D’où des enquêtes bâclées, arrestations arbitraires, négligences à la chaîne, « propagande dénigrante », mensonges : il faut pour les autorités « trouver des coupables, ou alors en inventer ». Un chimiste égyptien, Sharif Sharif, sera ainsi condamné à trente ans de prison, sans qu’aucune preuve ne soit établie.
Des os dans le désert, qui est aussi un livre sur l’exercice du pouvoir, excède le simple cadre du document d’investigation. Sans pathos, avec une façon quasi-clinique, obsessionnelle et circulaire de présenter les faits, González Rodríguez plonge le lecteur dans un monde autre. C’est que le mystère de Ciudad Juárez où les femmes « trouvent la mort en attendant l’autobus » relève autant de la fantasmagorie que de l’étude des gouffres. L’écrivain chilien Roberto Bolaño, pour qui « la mémoire est sans limite. Le désespoir, la douleur sont l’unique limite humaine », s’en inspirera d’ailleurs dans 2666, roman posthume à paraître l’an prochain chez Christian Bourgois.
Sergio González Rodríguez Des os dans le désert (Éditions Passage du Nord-Ouest)
Source: rebellyon.info
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