ALGER - L'Union européenne (UE) négocie actuellement avec l'Algérie un mémorandum sur l'énergie, a annoncé la Commissaire de l'UE chargée des Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner, mardi lors d'une conférence de presse à Alger.
"L'Algérie cherche un marché fiable et l'UE cherche un fournisseur sûr", a indiqué Mme Ferrero-Waldner, sans détailler le mémorandum en négociation. Elle a ajouté que l'UE veut "diversifier ses sources d'approvisionnement" en énergie.
L'Algérie est le 3e fournisseur de gaz de l'Europe après la Russie et son 13e fournisseur en pétrole.
L'Union Européenne avait exprimé de vives inquiétudes en 2007 lorsque la compagnie publique algérienne Sonatrach avait conclu un protocole d'accord sur le gaz avec la compagnie russe Gazprom, craignant que les deux partenaires ne constituent un "Opep" du gaz pesant sur les prix.
Ce protocole a été abandonné après être venu à échéance sans qu'aucune des deux parties n'ait demandé son renouvellement.
Mme Ferrero-Waldner a indiqué que l'UE a identifié des "projets concrets" pour aider les réformes économiques en cours en Algérie, à l'issue d'un entretien avec le président Abdelaziz Bouteflika.
"Nous avons parlé de ce que l'UE peut faire pour accompagner l'Algérie sur des projets très concrets dans l'économie, le commerce, la sécurité, la libre circulation des personnes et l'émigration", a-t-elle dit à la presse. Elle a cité notamment la réforme du marché financier.
La commissaire européenne a par ailleurs indiqué que l'UE "appuyait" l'entrée de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en observant toutefois que "les négociations commerciales de ce genre sont toujours difficiles".
L'Algérie négocie depuis plusieurs années son entrée à l'OMC, qui lui pose comme condition notamment la suppression des subventions publiques de soutien au prix domestique du carburant.
Concernant la formation, la commissaire européenne a indiqué que l'UE était prête à des jumelages entre établissements européens et algériens, similaires à ceux liant des pays de l'UE avec des candidats à l'entrée dans celle-ci.
Mme Ferrero-Waldner a souligné qu'elle partageait avec le président Bouteflika "les mêmes vues" concernant le projet d'Union pour la Méditerranée que le président français Nicolas Sarkozy veut promouvoir pendant la présidence française de l'UE le 1er juillet.
"Ce projet pourrait être une valeur ajoutée si toutes les institutions européennes et les Etats membres de l'UE étaient là, sinon ça ne peut pas marcher", a-t-elle dit.
AFP |