La ville d’Adrar célèbre la fête annuelle de la tomate, qui coïncide avec le déroulement de la quinzaine économique. En effet, du 16 au 30 avril 2009, soit deux semaines durant, une ambiance toute particulière va marquer la cité du fait de ce double événement, d’ailleurs très apprécié, inauguré par les autorités locales pour leplaisir d’une population massive. L’entrée gratuite à la foire facilite son accès, et les stands sont vite pris d’assaut. Les escarcelles n’hésitent pas à sauter, et on achète de tout et de rien. Bien rangés, les vendeurs vous harcèlent, mégaphone à la bouche, brandissant une marchandise variée que des bras s’arrachent. Les prix, modérés et abordables, favorisent amplement cet échange. De bout en bout, dans un alignement irréprochable, vous attirent les tissus, accrochés à des cintres ou à des cordes. Cet endroit est carrément monopolisé par les femmes qui passent des heures entières à palper les étoffes, à questionner les vendeurs et, souvent, le marchandage revient à la charge et les langues se délient, et à chacune de conclure la bonne affaire. Ailleurs, ce sont des stands énormes et bien garnis de friperie qui connaissent un engouement de la part des visiteurs. On fouille, on cherche, on essaie de dénicher le joli tricot, la belle paire de sandales, dont le prix satisfait tout le monde. Bradées comme elles le sont, ces affaires trouveront toujours preneurs. L’espace réservé à cette foire est si vaste qu’arpenter ainsi les allées réservées au passage est épuisant. On ne se rend pas compte, on marche sans cesse. Cette année, les mangues et les ananas sont très attendus. L’année dernière, les mangues se vendaient comme des petits pains à partir de 60 DA le kilo. Une vraie aubaine pour les amateurs ! La sécurité à l’intérieur est assurée par les services de sûreté qui sont omniprésents, et le corps des sapeurs-pompiers est également représenté. C’est la fête à Adrar ! Tôt, avant le crépuscule, la place est prise d’assaut d’abord par ces petits vendeurs de thé, d’œufs et de cacahuètes. Des tapis sont étalés à même le sol et les premiers clients n’hésitent pas à s’allonger autour d’un thé mousseux. Les habitants commencent à affluer, et des familles entières viennent grossir ce flot incessant. Les troupes laissent place à un groupe de musiciens qui animent la soirée. On bavarde, on écoute on se laisse bercer. Chacun trouve refuge dans cette arène, car dans la journée le mercure n’est guère clément et la température gravite entre 30 et 28°. Cette quinzaine aurait dû se tenir durant les vacances scolaires. On aura parlé de tout mais pas de la tomate, parce qu’elle est la grande absente. Aucune exposition, aucun concours, aucune information sur la tomate. Rien ! et c’est vraiment dommage de clore cette page par une note de pénurie.
Mohamed E
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