Depuis un certain temps, il existait des brouilles entre le Mali et l’Algérie au sujet de la sécurité transfrontalière dans les deux pays et de la lutte contre le terrorisme. Tout dernièrement notre pays était accusé à tort de duplicité dans la lutte contre les terroristes dans la bande sahélo-saharienne, et de complicité avec des groupes terroristes par un journal algérois proche du pouvoir.
En réponse à ces affirmations mensongères, la presse malienne ne s’est pas privée de dénoncer les manœuvres algériennes de soutien aux groupes armés Touareg tout en rappelant les efforts du gouvernent et surtout du chef de l’Etat dans la pacification de la zone. Ce rappel à l’ordre semble avoir produit des effets, puisque les autorités algériennes semblent avoir mis de l’eau dans leur vin. Du moins c’est l’interprétation que nous pouvons faire de l’acheminement par avion des matériels militaires venant d’Algérie à destination de notre pays. En effet, depuis la semaine dernière, les autorités algériennes désormais conscientes que c’est dans la concertation et la coopération militaire, et non dans une campagne de dénigrement, que la bande sahélo-saharienne peut connaître la paix, viennent d’octroyer au Mali un lot de matériels constitués d’armements militaires, de sacs de couchages pour les opérations spéciales, et du carburant destiné aux engins militaires. Ces matériels qui sont en cours d’acheminement permettront à l’armée malienne de renforcer ses capacités opérationnelles dans le cadre de la lutte contre l’insécurité dans le septentrion du Mali. Au total, c’est cinq rotations d’avion qui permettront de transporter l’ensemble des matériels.
Avec ce geste on peut espérer que les nuages se sont définitivement dissipés entre le Mali et son voisin algérien, deux pays obligés de s’unir pour combattre avec énergie le terrorisme, la contrebande et le trafic de drogue dans la vaste zone frontalière qu’ils ont en commun. Il faut rappeler que le Mali s’est toujours engagé dans la voie de la concertation et de la coopération. Pour preuve les nombreuses visites du ministre de la défense et des anciens combattants Natié Pléa à Alger. Ce dernier a évoqué lors de sa dernière visite avec le chef de l’Etat algérien, Abdelaziz Bouteflika, le renforcement de la coopération militaire entre les deux pays. Par ailleurs, il faut retenir que le Mali entend organiser une conférence internationale sur la paix et la sécurité dans la bande sahélo-saharienne. Cette conférence qui tient à cœur le président de la République Amadou Toumani Touré et reportée à plusieurs reprises, permettra de réunir les différents chefs d’Etat des pays traversés par la bande afin de discuter de la gestion concertée du problème d’insécurité et de terrorisme transfrontalier. En outre depuis quelques mois, l’accalmie règne dans le nord du Mali, l’armée ayant mis en déroute, au grand bonheur des populations, le plus opérationnel des groupes rebelles touareg, dont le chef est Ibrahim Ag Bahanga. La dernière opération en date c’est l’arrestation par les forces armées maliennes fin avril denier de quatre islamistes parmi lesquels figure un Algérien, proche d’un des leaders d’Al-Qaïda au Maghreb islamique qui retient en otages deux touristes européens.
Abdoulaye B. Sidibé
Nouvelle Libération
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