La 3e édition du Festival national de la culture au Sahara, initiée par l'Académie régionale de l'éducation et la formation de la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra, en partenariat avec la wilaya de Laâyoune-Boujdour et les conseils municipal, provincial et régional, s'est déroulée cette année, du 17 au 19 avril, sous le thème de «la femme sahraouie, pilier de l'éducation».
Le thème choisi a plus d'un sens de respect et d'abnégation envers la femme mère éducatrice et première école pour les élèves de la zone sud, comme par ailleurs dans le monde. La femme sahraouie, autrefois mère dans des conditions difficiles et rudes de la vie dans le désert, sous la tente était déjà symbole d'une bonne éducatrice une femme travailleuse, une sage qui savait mettre la nature à son service malgré sa rudesse. Elle connaissait le Coran et le Hadith par cœur et l'enseignait à sa progéniture avec aisance. elle partageait le dialogue avec l'homme dans un égal esprit de connaissance et de savoir, comme elle était une mère affective et forte de caractère. Elle tenait à apprendre à ses enfants les techniques de la vie dans le désert et les initier aux principes de la vie rude. Elle maîtrisait la poésie locale hassanie soit en poétesse ou en la connaîsant par cœur. En honneur à cette femme et à son épopée, les organisateurs ont fait de cette manifestation une mémoire qui marque aussi le développement que la femme sahraouie connait depuis la réintégration, fêtée dans tous les établissements scolaires, au cours du festival, à travers un programme riche de conférences et d'activités mettant en exergue le rôle de la femme au Sahara à tous les niveaux politique, social, culturel, sportif et économique, pour également mettre en valeur la place de la femme dans cette société.
Le festival est créé et géré par les élèves et la famille de l'enseignement, un pur produit réalisé avec des moyens humbles, mais avec un grand sens éducatif. Le festival a compris plusieurs conférences animées par des femmes sahraouis professeurs sur différents thèmes éducatifs. Il a également été caractérisé par des tableaux artistiques d'animation, présentés lors de la cérémonie d'ouverture, donnant une idée sur la vie de femme au temps du nomadisme et le transfert vers une sédentarisation, des soirées de musique... Le message du festival sur le plan social et culturel évoque la situation de la femme au Sahara, qui a totalement changé dans un sens positif, nous signale le professeur Hajiba Maalainine, femme journaliste et écrivain. La femme sahraouie s'est adaptée à la vie sédentaire rapidement, sans toutefois se détacher de la tradition vestimentaire et sociale. dans toutes les administrations et les établissements privés, dans le lycée et ailleurs, le port de lmalhfa est une impérative sociale observée avec beaucoup de fidélité.
Lmalhfa est un habit que porte la femme docteur, avocate, fonctionnaire, professeur, parlementaire, jeune fille et femme. Si cette fidélité à la tradition vestimentaire est demeurée intacte, elle n'a pas empêché la femme de progresser dans tous les domaines de la vie active, en particulier dans celui éducatif. Une bonne partie du corps enseignant est composée de femmes sahraouies en matières scientifiques et littéraires. Cette femme qui porte le même habit qu'il y a trente ans n'est plus la même aujourd‘hui. Son savoir a évolué et sa place sociale s'est renforcée grâce à ce savoir. Elle s'est engagée dans les domaines politique, économique, diplomatique, etc. Le festival fut marqué par une exposition de femmes sahraouies, qui a compris des stands exposant des outils traditionnels, la médecine populaire, la gastronomie sahraouie, les vêtements de la région etc. -------------------------------------------------------------------- Participation Le comité organisateur du festival a souligné dans une allocution, que l'accent a été mis lors de cette édition sur la femme en général et sahraouie en particulier afin de mettre en avant la place de choix qu'occupe la gent féminine dans la société marocaine. Selon les organisateurs, cette édition a constitué une occasion pour faire connaître la contribution agissante de la femme sahraouie au développement de la région et sa participation à la vie démocratique aux niveaux régional et national.Cette édition a été marquée par une série de débats et de conférences dans plusieurs écoles de Laâyoune, Tarfaya et Boujdour axés sur la femme sahraouie et le concept de développement, le contexte historique de la proclamation de la journée internationale de la femme, le poids de la femme dans la culture sahraouie et son rôle dans la sauvegarde de la mémoire populaire. Des expositions, des concours, des soirées artistiques et culturelles et une cérémonie en hommage à des associations féminines, ont été également au menu de cette édition. Par Sami Reddad | LE MATIN |