Un nouveau front rebelle vient de voir le jour au Niger. Comme ceux qui l’ont précédé, il est né au septentrion, à Agadez. C’est en effet là que le chef de la nouvelle rébellion, en termes sibyllins a déclaré la guerre à la République, à l’ordre constitutionnel, à la démocratie et au peuple nigérien. Son armée, dénommée tazarce, se compose de forces vampiriques ameutées par l’odeur de l’argent, celui du pétrole et de l’uranium. L’homme qui vient de s’insurger contre le Niger, est celui-là même que les Nigériens et les Nigériennes, il y a dix ans, dans une ferveur populaire ont porté à la tête de leur pays. Parce qu’il avait été placé aux plus hautes fonctions de l’État pour conduire notre destinée, nous faisions montre à son endroit de déférence. Or, le respect se mérite, et l’homme vient de prouver qu’il n’est pas digne de la considération que nous lui accordions. Cet homme s’était fait le chantre de la démocratie. Il clamait à tout vent que le Niger n’avait que sa démocratie à vendre. C’est la démocratie qui a servi l’homme, qui l’a porté aux plus hautes charges de l’État. À présent il exècre la démocratie, il veut en être le bourreau. Sans doute fallait-il s’attendre à ce qu’un jour ou l’autre, l’ex-militaire et l’ancien putschiste qui se dissimulaient sous la chéchia et le boubou traditionnels refassent surface. On a dit de l’homme qu’il dormait, alors qu’il endormait tout le monde. Pendant qu’une partie de la classe politique, la majorité, était occupée à manger à son râtelier, l’autre partie, l’opposition, appâtée par les perspectives alléchantes qu’il lui présentait, adoptait une politique expectante. Devant Dieu et devant le peuple nigérien, Mamadou, c’est son nom, la main sur le Livre saint avait juré de respecter la Constitution, de défendre la forme républicaine de l’État, de ne pas trahir les aspirations du peuple nigérien. Mais Mamadou se dédit : la Constitution, il veut la profaner ; de la République, il veut en faire une monarchie, les aspirations du peuple, il n’en a cure. Parjure, trois fois parjure ! Il en répondra devant Dieu, au jour du jugement dernier, et devant les hommes, ici-bas. Le peuple veut que je reste, Mamadou dixit. Mais de quel peuple parle-t-il ? Celui de ses courtisans qui le sanctifient et le convainquent que le Niger ne peut se passer de lui ? Tout président qu’il est, ne sait-il pas que certains Nigériens l’ont précédé à ce poste et que d’autres lui succéderont ? Ne sait-il pas que le Niger a vécu sans lui et qu’il vivra sans lui ? Mais pourquoi ce peuple qui a eu faim sous son règne, ce peuple qui a soif, ce peuple qui n’a accès ni à des soins de santé décents, ni à une éducation convenable, lui demanderait de rester ? Pace qu’il l’aime, diront les béni-oui-oui de son entourage. Mamadou, sortez donc de votre palais, allez à la rencontre de la réalité que le peuple vit, vous constaterez que le peuple parce qu’il est entièrement absorbé par les activités qui garantissent sa survie, n’a pas le temps de s’élever pour aimer ceux qui se sont placés au-dessus de lui pour assouvir leurs intérêts particuliers. La subversion tazarce conduite par Mamadou fait planer le spectre d’un désastre sans précédent sur le Niger, sur nous, sur nos enfants, sur leur avenir. Nous sommes donc collectivement et individuellement concernés. Honneur à ceux qui sur le terrain n’ont jamais cessé, de s’y opposer, en bravant tous les dangers. Quant à nous, Nigériens et Nigériennes de l’extérieur, notre éloignement ne saurait justifier notre inaction. C’est pourquoi, j’appelle tous les démocrates nigériens de l’extérieur à former une diaspora du refus, afin d’opposer un non énergique et global à tazarce. Compatriotes de la diaspora, si nous ne sommes pas sur le terrain aux côtés des combattants de la liberté, nous pouvons participer à cette lutte qui est aussi la nôtre. La technologie de notre temps nous le permet, mettons la au service de notre pays. Que tous les démocrates nigériens, hommes et femmes, vivant à l’étranger et ayant accès à un ordinateur, envoient, chaque fois qu’ils le pourront, un message électronique, à la Présidence de la République, à l’intention de Tanja Mamadou. Constitué de trois lettres : N, O, N, ce message, court, simple et clair, exprime un refus global : Non à tazarce, Non à la violation de la Constitution, Non au référendum. Debout ! Niger debout.
Dr Farmo Moumouni Nigerdiaspora
|