Ainsi, le gouvernement aurait renoncé à une opération de contrôle fiscal des entreprises étrangères installées en Algérie. La décision est irrationnelle, injustifiée et injustifiable. En tout cas elle remet au goût du jour le traitement approximatif du dossier de l'investissement étranger et confirme l'absence de stratégie, sinon une légèreté certaine en la matière.
Après avoir diabolisé pendant de longues années les entreprises étrangères et le capital privé au nom de son socialisme spécifique, l'Etat-FLN est tombé dans l'excès inverse avec l'arrivée de Bouteflika au pouvoir. Les entrepreneurs étrangers sont alors encensés, courtisés et bénéficient de tous les égards.
Mais, comme le pouvoir a toujours besoin d'une tête de turc pour avaliser ses nouveaux choix, les entrepreneurs nationaux, publics et privés, en ont payé les frais : ils sont déconsidérés et malmenés sans ménagement. L'Algérie découvre alors une nouvelle race d'entrepreneurs venus du Moyen-Orient, bénéficiaires de toutes les sollicitudes et récipiendaires de tous les éloges officiels.
Quelques années plus tard, le réveil a été brutal. Le président de la république, qui n'a eu de cesse de les privilégier, est personnellement monté au créneau pour les dénoncer dans une diatribe particulièrement acerbe. C'est qu'ils se sont enrichis trop vite, au détriment du pays qu'ils n'ont fait bénéficier d'aucune plus-value.
Depuis, le gouvernement a multiplié les mesures restrictives et astreignantes : imposition à hauteur de 15% des bénéfices transférés au pays d'origine, obligation d'ouverture du capital à des opérateurs nationaux, etc.
Annoncées sans préparation suffisante, ces décisions ont eu l'effet d'une douche froide sur les partenaires économiques étrangers, surtout ceux d'entre eux qui se sont acquittés honorablement de leurs engagements, et ceux qui commençaient à montrer de l'intérêt pour le pays. Elles ont aussi donné lieu à une véritable cacophonie au sein du gouvernement, dont les membres ont multiplié les déclarations contradictoires.
Dès lors, l'idée du gouvernement de ne pas opérer de contrôle fiscal ressemble à s'y méprendre à un geste d'apaisement. C'est non seulement une maladresse, mais une erreur tragique. La fonction de contrôle est du ressort et du devoir de l'Etat. Si l'on veut retenir les entreprises déjà installées et en attirer d'autres, le laxisme en matière de contrôle n'est pas la méthode appropriée. Il ressemble trop à un quitus à la fraude.
Il s'agit plutôt de débureaucratiser en simplifiant les procédures et en garantissant le minimum requis de transparence. Ce qui décourage les entrepreneurs authentiques, qu'ils soient étrangers ou nationaux, ce n'est pas un contrôle effectué dans le respect des règles, mais cette machine bureaucratique génératrice de tous les chantages et de toutes les corruptions.
Par m.a boumendil tsa-algerie.com
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