ALGER- Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika a plaidé dimanche pour un plan arabe de l'emploi "clair axé non seulement sur les données du présent mais sur des études prospectives et des recherches sur le terrain dans les domaines socio-économiques". Le président de la République a indiqué dans une lettre adressée aux participants à la 1e conférence arabe sur l'emploi des jeunes tenue à Alger, lue en son nom par M. Mohamed Ali Boughazi, conseiller auprès de la présidence de la République, que le traitement de la crise du chômage et de la fuite des cerveaux dans le monde arabe requiert des "solutions efficaces" et la contribution de "tous les opérateurs dans le domaine économique", tels les organisations, le patronat, les syndicats des travailleurs notamment la société civile active.
Selon les prévisions, a-t-il souligné, les pays arabes seront confrontés à une croissance de la main-d'oeuvre de par l'arrivée sur le marché du travail de nouveaux titulaires de diplômes universitaires et des femmes.
Dans sa lettre, le président de la République a mis en évidence le rôle de la jeunesse arabe et l'acquisition du savoir-faire et des techniques dans l'édification économique et la croissance sociale dans le monde arabe dans le contexte des défis mondiaux actuels.
Pour le président Bouteflika, le monde arabe n'a d'autres choix que de faire face aux défis actuels en établissant des débouchés dans l'enseignement et la formation compatibles avec les exigences du marché du travail et l'économie du savoir. Un défi, a-t-il dit, "à la mesure de la difficulté mais s'il est surmonté, il contribuera à intégrer la jeunesse dans le monde de l'emploi. Ce défi doit être relevé car il hypothèque le destin des générations futures et peut également hypothéquer le développement économique, scientifique et technologique dans le monde arabe".
S'agissant de l'expérience algérienne, le président Bouteflika a mis en exergue les grandes réformes entamées par l'Algérie depuis le début de la décennie et qui ont touché tous les aspects de la vie politique, économique et sociale. Les chantiers de la réforme ont englobé le système éducatif, l'administration publique ainsi que des réformes économiques qui ont libéré les initiatives individuelles et ouvert le champ large devant l'investissement productif générateur d'emploi.
En parallèle, a poursuivi le président de la République, des chantiers de la reconstruction et de l'urbanisation ont démarré en lançant de grands projets dans le cadre des programmes de développement pour la modernisation et l'extension des infrastructures du pays telles le réseau routier national, les voies ferrées, les barrages, les portes et aéroports ainsi que la construction d' 01 million de logements durant les cinq dernières années et d'autres infrastructures éducatives d'enseignement et sanitaires à travers le pays.
Le président Bouteflika a affirmé que cet "effort de développement colossal" a été accompagné de "mesures incitatives en faveur des entreprises économiques publiques et privées, notamment la baisse des impôts et des charges sociales au profit des chefs d'entreprises qui emploient des chômeurs".
L'Algérie a mis en place des programmes et des mécanismes afin de lutter contre le chômage et promouvoir l'emploi, particulièrement des jeunes, à travers un "plan reposant essentiellement sur la démarche économique, notamment par l'encouragement de l'investissement productif générateur d'emplois, la valorisation des ressources humaines, l'encouragement de la formation qualifiante, la modernisation de la gestion du marché du travail et l'introduction des dispositifs d'aide à la création des petites et moyennes entreprises par les jeunes", a souligné le président de la République.
Les premiers résultats de la mise en oeuvre de ce plan ont montré une nette progression et une affluence accrue des jeunes détenteurs de projets qui trouvent désormais les facilités, l'aide et l'accompagnement nécessaires auprès des instances bancaires de financement et les agences publiques supervisant la mise en oeuvre de ces programmes, a affirmé le président, précisant que les données statistiques montrent que "la création de près de 125.000 micro-entreprises entre 1999 et décembre 2009 ont généré 350.000 emplois directs par le biais des dispositifs de l'Agence nationale de soutien à l'emploi de jeunes et de la Caisse nationale d'assurance-chômage".
Le président de la République a souligné que ces projets et mécanismes avaient eu un impact positif sur la promotion de l'emploi et la réduction du taux de chômage en 1999 et 2008 à travers "la création de plus de 6 millions d'emplois", ce qui a entraîné, a-t-il dit "la baisse du taux de chômage de près de 30% en 1999 à 11,3% en 2008".
Le président Bouteflika a, par ailleurs, souhaité que cette rencontre constitue un "espace de dialogue et d'échange d'expériences" entre les spécialistes de la nation arabe, en vue de couronner cet effort par la réalisation des objectifs de la décennie arabe de l'emploi 2010-2020.
APS
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