Ajoute résultat, déclarations, ambiance /// OMDURMAN (Soudan), 18 nov 2009 (AFP) - Khartoum était sous haute tension mercredi après la victoire de l'Algérie face à l'Egypte (1-0), qui permet aux Fennecs de participer au Mondial-2010, les autorités imposant de strictes mesures de sécurité pour tenter d'éviter des violences entre supporteurs des deux camps.

Cette victoire a provoqué l'hystérie chez les milliers de supporteurs algériens dont certains ont littéralement perdu connaissance dans les tribunes du stade al-Merreikh d'Omdurman, en banlieue de Khartoum. Les forces de sécurité soudanaises ont aussitôt pris le terrain d'assaut pour empêcher les débordements entre joueurs et supporteurs des deux pays, gonflés à bloc après les heurts en marge de la précédente rencontre samedi au Caire, lors de la dernière journée de groupe de la zone Afrique. Au coup de sifflet final, les spectateurs algériens ont célébré au son des tambours cette victoire symbole d'une troisième participation au Mondial. "Je vais faire la fête jusqu'à notre départ du Soudan vendredi", a lancé Boudjema Hadim, un jeune Algérien, alors que des dizaines de supporteurs rentraient à Khartoum juchés sur le toit d'autobus archi-bondés qui tanguaient sous le poids. "Notre équipe a joué un bon match mais nous n'avons pas réussi à marquer un but. Evidemment je suis déçu", a dit à l'AFP Mohammed Omar, un Egyptien venu du Caire pour ce match disputé dans une ambiance électrique. A la fin du match, les spectateurs des deux camps, placés à des endroits différents du stade, ont quitté l'enceinte par deux sorties différentes. A 00H00 locales (21H00 GMT), aucun affrontement n'avait été signalé. Au total, 15.000 policiers et militaires étaient déployés pour éviter les incidents. Des milliers d'Algériens et d'Egyptiens venus du Caire et d'Alger avaient envahi Khartoum, peu habituée à ces grands rendez-vous internationaux du ballon rond. La ferveur des supporteurs algériens, tandis que les fans égyptiens faisaient profil bas en général. "Nous avons pour consigne de ne pas répliquer si l'on nous invective", a déclaré à l'AFP un supporteur égyptien. "Les gens sont vraiment exaltés car trop de sang a coulé en Egypte", a dit Hachim, un jeune venu d'Alger, en référence aux violences entourant le match de samedi au Caire remporté 2-0 par les Pharaons. Après son arrivée au Caire le 12 novembre, le bus de la sélection algérienne avait été "caillassé" et trois joueurs algériens avaient été blessés. Et des violences ont éclaté à Alger, en Egypte et en France après la victoire égyptienne. La pression est remontée d'un cran avec les propos mardi soir du président de la Fédération algérienne de football, Mohamed Raouraoua, qui a accusé son homologue égyptien Samir Zaher d'être "à l'origine" des violences survenues au Caire. Un important religieux musulman, cheikh Youssef Qardaoui, d'origine égyptienne, a lancé un appel au calme, en estimant que le football "n'est qu'un jeu". La victoire algérienne a été fêtée à Alger, mais aussi dans plusieurs villes françaises (Paris, Marseille, Lyon et Lille) et même à Bruxelles. En milieu de soirée, l'ambiance était à la fête et aucun incident n'avait été signalé, sauf à Lyon où des véhicules ont été incendiés, selon les pompiers. Au Caire, l'heure était à la déception et aux larmes. Des groupes de jeunes se sont malgré tout rassemblés dans les rues pour battre des tambours et lancer des pétards, mais le coeur n'y était pas. L'Algérie n'a plus participé à un Mondial depuis 1986, l'Egypte depuis 1990. La rivalité souvent houleuse entre ces deux pays phares du football africain et arabe n'est pas nouvelle. En 1989, un match de qualification avait dégénéré en émeutes.
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