À l’occasion du sommet gazier tenu à Paris en octobre dernier, des représentants de compagnies qataries ont tenté de discréditer la source gazière algérienne, rapporte un participant à cette rencontre. Dans le sillage d’informations parues dans la presse locale faisant état de l’essoufflement de l’immense champ gazier de Hassi-R’mel, l’une des “mamelles” de l’Algérie, ces manœuvres visent à exclure le gaz algérien de la conquête de nouvelles parts de marché sur le Vieux Continent, au profit de ses concurrents.
Mais pendant que s’entamait une guerre psychologique en Europe, relayée par des médias étrangers menaçant les revenus gaziers du pays, le discours officiel sur la question campait dans un mutisme inquiétant. Encore une fois, il a fallu la montée au créneau d’experts nationaux en vue de contrecarrer ces manœuvres en réaffirmant que la source algérienne reste fiable pour remettre les pendules à l’heure. D’abord Hassi-R’mel n’a pas encore dit son dernier mot. Il a besoin seulement d’un sérieux “lifting”. Ensuite, le potentiel gazier algérien reste prometteur. Il suffit de développer les gisements découverts et non encore exploités au Sud-Ouest, dans les bassins de Berkine, d’Illizi et d’intensifier l’exploration, pour inverser la tendance. Autre levier, freiner l’expansion de la domestique par des économies d’énergie et l’abandon de projets pétrochimiques à faible valeur ajoutée et de surcroît gourmands en gaz. La stratégie énergétique du pays a également besoin d’être repensée... Sonatrach, au regard de son poids dans l’économie du pays, devrait être libérée des carcans de la réglementation de la Banque d’Algérie. La compagnie pétrolière nationale devrait bénéficier aisément des ressources financières, de puiser librement dans ses fonds propres ou mobiliser des financements pour investir dans l’acquisition des réserves de pétrole et de gaz à l’étranger. Elle a besoin sérieusement de redynamiser sa politique de redéploiement à l’international à travers des encouragements et des appuis à une présence renforcée sur les marchés européens dont l’objectif est d’atteindre le consommateur final. Encore une fois, l’avenir de l’Algérie se joue dans la redynamisation des activités stratégiques de la compagnie pétrolière nationale. Cela ne dispense pas néanmoins d’aller rapidement au développement des énergies renouvelables. En l’occurrence, les progrès dans le solaire permettront de réserver des quantités plus importantes d’hydrocarbures à l’exportation. Mais une telle réorientation stratégique devrait s’insérer dans une vision de préservation de ressources fossiles le plus longtemps possible, au profit des générations futures.
Par : Khaled R. www.liberte-algerie.com |