SDF Algérie | Ces familles lancent un appel urgent aux élus locaux afin qu’ils se mobilisent pour leur venir en aide, d’autant plus que le froid qui s’est abattu ces derniers jours risque d’aggraver leur situation.
Plus de 800 familles, plus de 3 000 enfants vivent sous des tentes de fortune, dans le froid glacial qui s’est abattu ces derniers jours dans plusieurs wilayas du pays, sous une température frôlant les 7 degrés seulement. Ces sans domicile fixe (SDF), une appellation tristement célèbre pour de nombreuses familles qui, du jour au lendemain ont été «pourchassées» de leur demeure et dans une conjoncture très délicate pour les pères de famille. A Alger, elles sont plus de 300 familles qui vivent dans la rue, souvent sous une tente ou dans un abri de fortune, construit à partir de simple boîte de carton. Ces familles lancent un appel en urgence aux élus locaux afin qu’ils se mobilisent pour leur venir en aide, d’autant plus que le froid qui s’est abattu ces derniers jours risque d’aggraver leur situation.
En effet, plusieurs enfants appartenant à ces familles SDF souffrent de plusieurs maladies dues aux mauvaises conditions de vie. Aujourd’hui, elles sont plus de 5 000 personnes SDF, à errer dans les rues du pays, alors que seules 1 500 sont recensées à Alger. Sans un toit digne de ce nom, ces ménages ont été forcément expulsés de leur domicile. Aujourd’hui, leurs enfants errent tout le temps dans les rues, privés même de leur enfance. Il s’agit-là de plus de 3000 enfants qui souffrent de cette situation. Au lieu d’avoir un abri chaud surtout avec la période de froid qui s’abat ces derniers jours sur Alger, ces enfants remplissent leur temps à errer dans les places publiques.
Ces anges sont, malheureusement, marginalisés par la société, devant un travail peu apprécié du Samu. Dans la commune de Birkhadem, plus particulièrement devant l’ex-siège de l’Institut national de la formation spécialisée pour filles, plus de onze familles vivent dans des tentes. Ici, le froid et la pluie ont déchiré les nuits de ces familles. Appelées à faire face à ce dilemme, ces familles ne savent plus à quel saint se vouer. Elles ont été «chassées» de leur demeure, après avoir passé plus de trente ans au sein de cet institut. Aujourd’hui, elles vivent un cauchemar infini. Un peu plus loin, dans la commune de Bir Mourad Raïs, sept autres familles vivent dans les mêmes conditions. Il s’agit de familles qui résidaient dans un des logements de fonction, en face du siège de l’AADL de Saïd Hamdine. Cela fait près d’un an qu’elles résident dans des tentes.
Le Samu au chevet des familles SDF
Certes, plusieurs équipes du Samu tentent tant bien que mal d’apporter leur soutien à ces centaines de familles marginalisées, mais malgré toutes ces procédures, la situation de ces ménages demeure toujours catastrophique. L’exemple du Samu de Dély Ibrahim est édifiant et est très mobile sur le terrain. Des repas chauds, généralement des plats de lentilles accompagnés par des oranges et quelques baguettes de painsont quotidiennement offerts pour les familles SDF. Certes, une très bonne initiative de la part du Samu, toutefois cela ne représente rien devant les attentes de ces centaines de familles. Cela dit, les parents SDF veulent un toit qui protège leurs enfants du froid glacial qui persiste ces derniers temps sur la capitale. Sans cette toiture, les choses s’aggraveront davantage pour ces parents qui souffrent dans le silence, d’autant plus que leurs petits enfants arrivent mal à vivre comme les autres enfants qui sont à l’abri du froid. Un SDF est celui qui a rompu totalement ses liens avec la famille et la société pour se retrouver sans toit, ni travail. Ces malheureux sont considérés comme des marginaux par la société.
Ces oubliés de l’Algérie sont condamnés à vivre dehors sept jours sur sept. Nuit et jour; ils doivent lutter contre la canicule durant l’été, le froid glacial, la faim, ceci sans aucune perspective d’avenir. Ce sont des personnes en détresse psychologique, car ayant perdu tout moyen de réintégrer la société. Le Samu intervient pour accomplir sa mission salutaire, à savoir tenter de secourir les misérables qu’hébergent les rues d’Alger. Ainsi, le Samu a une double mission.
Les interventions dans la rue effectuées quotidiennement par les équipes mobiles, et le secours psychologique, social et médical, au cas où ces personnes se trouveraient en détresse sociale, mais aussi en cas d’urgence médicale. Ils sont placés dans ce cas dans un centre, ou ramenées dans leurs familles quand cela est possible. Le Samu social a pour rôle d’aider les SDF à affronter l’adversité. Il accompagne ces malheureux aux centres de transit qui recueillent les sans-abri durant quatre à cinq jours avant de les ramener chez eux s’il y a lieu, ou encore les casent dans des centres d’accueil. Hommes, femmes, et de plus en plus d’enfants occupent les rues d’Alger, il est difficile de les dénombrer. A Alger, il y a plus de 1 000 personnes qui souffrent de cette situation, alors que 20% viennent d’autres wilayas. Les jeunes viennent dans la capitale pour un travail, malheureusement ils se retrouvent piégés : pas de travail bien sûr et plus de toit. C’est le cas de B. Achour. Un jeune de 30 ans, natif de Béjaïa qui est à la rue depuis plus de six mois.
Les rues d’Alger accueillent ces «vagabonds» d’un nouveau genre, de tous âges et des deux sexes. L’année dernière, il a été enregistré 1 364 sans-abri, selon une source proche du Samu. Ce chiffre témoigne, à lui seul, de l’ampleur de ce drame qui dévoile la face cachée d’Alger. Alors combien de temps faut-il encore attendre pour qu’enfin ces familles recouvrent leur droit, celui d’avoir un toit digne de ce terme ?
source: Le jour d’algerie |