Les conflits armés survenus dans 23 pays africains entre 1990 et 2005, ont coûté 300 milliards de dollars au continent, selon une étude réalisée par Oxfam international, le Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL) et Saferworld.
Cette somme correspond au montant de l’aide internationale accordée à l’Afrique au cours de la même période, précise l’étude intitulée ‘’les milliards manquant de l’Afrique’’ à paraître demain, jeudi.
Le document montre qu’en moyenne une guerre, une guerre civile ou une rébellion entraîne une chute de 15 pour cent de l’activité économique.
Oxfam international, le RAIAL et Saferworld ont estimé le niveau de Produit Intérieur Brut (PIB) des 23 pays africains impliqués dans ces conflits. Ainsi, durant la guerre survenue en Guinée Bissau, en 1998- 1999, la croissance était projetée à 5,24 pour cent sans le conflit, alors que le taux de croissance réel à été de moins 15 pour cent.
Le continent perd ainsi une moyenne de 18 milliards de dollars par année en raison des conflits armés, note le document préfacé par la présidente libérienne, Ellen Johson –Sirleaf.
« La violence armée est l’une des plus grandes menaces pour le développement de l’Afrique », a déclaré Irungu Houghton, conseiller en politique africaine d’Oxfam, cité par l’étude.
Poursuivant son analyse, M. Houghton ajoute : « Les coûts sont choquants. Nos chiffres sont sûrement en deçà de la réalité (….). Cet argent pourrait permettre de résoudre la crise du VIH/Sida ; de prévenir la tuberculose et le paludisme ou de faire face aux besoins en matière d’eau potable, d’hygiène et d’éducation ».
Selon le coordonnateur Afrique du RAIAL, John Dube, l’étude décrit certains des impacts économiques dévastateurs du commerce international des armes et le niveau choquant de souffrance humaine que cela cause.
« En tant qu’africain, j’implore tous les gouvernements africains et ceux des pays producteurs d’armes de soutenir un Traité sur les armes solides et efficaces (…) . Le gouvernement dont les usines fabriquent les fusils est aussi responsable que celui qui permet à ses bateaux de les transporter. De la même manière, les Etats qui chargent les cargos doivent assurer le suivi pour voir entre quelles mains les armes vont tomber. Sans cette réglementation, le coût de la souffrance endurée par les Africains va continuer d’être énorme ».
Cependant, l’étude ne couvre que les périodes de combat, alors que certains coûts de la guerre comme la hausse des dépenses militaires et le recul de l’économie continuent bien après la fin des combats, note le communiqué annonçant la publication de l’étude.
Oxfam, le RAIAL et d’autres Ong mènent une campagne pour un Traité sur les armes qui interdirait le transfert des armes dans les cas où elles pourraient être utilisées pour commettre de sérieuses violations du droit humanitaire ou des droits humains ou mettre en péril le développement durable. Un tel Traité n’interdirait pas de transfert des armes dans le cadre des opérations de défense, de police ou de maintien de la paix.
Les 23 pays africains impliqués dans des conflits entre 1990 et 2005 et cités dans l’étude sont les suivants : Algérie, Angola, Burundi, Centrafrique, Tchad, RDCongo, Congo, Côte d Ivoire, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Ghana, Guinée, Guinée – Bissau, Libéria, Niger, Nigeria, Rwanda, Sénégal Sierra - Leone, Afrique du Sud, Soudan et Ouganda.
Source : APA News
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