Cette verdoyante localité est située à une quarantaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya de Tamanrasset. Elle est étendue sur une superficie imposante par son cortège végétal constitué de plusieurs plantes médicinale qui contraste avec l’infinie du désert.
Tite, deux syllabes, constitue un lieu de prédilection incontournable convoité par des gens aussi bien nationaux qu’étrangers, toujours en quête de paix et de fraîcheur. La localité mérite vraiment l’épitaphe d’éden. Etendue sur une superficie imposante par son cortège végétal constitué de plusieurs plantes, médicinales en particulier, elle contraste profondément avec l’infinité du désert. Ces mêmes plantes servent de pâturage au mouton local. Elles confèrent à sa chair une grande saveur permettant d’avoir une meilleure recette au barbecue. La cuisson à la braise, localement appelée la maynama, y est devenue un plat alléchant qui occupe une place de choix au menu de la gastronomie locale sans pour autant faire usage de gros moyens. Les brochettes, raffinées et garnies, sont cuites avec un assaisonnement de bonne sélection qui constitue le critère de supputation des gourmets qui, eux, veulent que ce plat culinaire soit un repère touristique. À Tite, le poumon de la wilaya, comme la nomme certains agriculteurs, l’exploitation des lopins de terre est aussi de mise. Cette activité a, en effet, permis de réduire le taux de chômage qui a frappé la région de plein fouet. Dotée d’une nappe phréatique importante, l’eau y est distribuée à travers des irrigations rationnelles et judicieuses. Ce qui permet de cultiver même les espèces originaires de certains pays du bassin méditerranéen. En tout cas, l’olivier, l’amandier, le pommier, le grenadier et le figuier côtoient de près l’omniprésence du palmier de Tite, aussi appelé village des lacs. Lequel semble être un joyau serti dans un écrin de verdure avec, tout au tour, une multitude de taudis qui compte coûte que coûte de résister aux aléas du temps et à la négligence de l’homme. Dans ces bouges ancestraux, le décor se décline sous diverses formes d’ornementation et de motifs aspirées de l’homme bleu (Tergui). Flamboyant sous le soleil de midi et pourpre au crépuscule, le village semble presque partout en chantier, construit en argile rouge, matériau si fruste et si beau. Il s’étire en zigzags (ruelles) sablonneux menant vers le micromarché, bougrement animé par des fellahs cultivateurs et vers les habitations où semble régner un grand calme. Des promenades et randonnées pédestres sont souvent organisées aux abords du village ou bien aux immenses étendues de sable avec pour seul objectif de se procurer joie et plaisir. La localité est, outre cela, un lieu très visé pour les sorties pédagogiques, effectuée notamment par les établissements scolaires et les écoles spécialisées pour enfants handicapés de la wilaya. “Cette initiative, plus que louable, permet aux potaches de découvrir de nouveaux espaces et un repos psychologique sans égal. L’occasion s’offre également pour les faire sortir de l’abstrait des couleurs à celles imposées concrètement par Dame Nature. Ils se permettent ainsi de se distraire et de se détendre”, estime Mlle Mokhtari, éducatrice à l’école des jeunes sourds-muets de Tamanrasset, flanquée d’une vingtaine de marmots assagis. Pour le premier responsable de cet établissement, l’idée de visiter Tite “vise principalement à inciter l’enfant à la politique environnementale en déterminant réellement l’importance de la nature et la particularité des espaces verts dans une région saharienne”. À Tite, il existe des campements dignes des Mille et une Nuits offrant une véritable vie de prince. En plus de l’hospitalité de la population et le côté chaleureux de certains touareg, saisis par l’allégresse de se prendre pour de véritables guides touristiques. À dire vrai, les visiteurs sont une chance pour les hommes du désert. Car leur présence “nous permet de sauvegarder un mode de vie très proche de nos us et traditions” tient à préciser M. Mezoui, rencontré sur les lieux. Se tenant accroupi près d'un feu de camp, autour des colonnes de rocs surgies du sable ambré, il semble interroger du regard les braises rougeoyantes sur lesquelles il cuit un gigot de mouton que l’on a immolé. Ensuite, le soleil amorce son déclin et la beauté crépusculaire nous saisit fortement. Nous avons quitté cette localité avec une gazette obnubilante et des rêves multiples. Des rêves que nous avons vite abandonnés une fois arrivée au chef-lieu de wilaya qui se trouve dans une saleté accablante eu égard aux immondices qui s’amoncellent un peu partout dans la ville.
Arezki K.
Source : Liberte Algérie |