Que sont devenues les différentes initiatives en vue de nouer les fils du dialogue entre le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) et les autorités nigériennes ? Au point mort. La première tentative vient du Burkina Faso dont le président qui a réussi à ramener la paix en Côte d’Ivoire s’est retrouvé devant un mur après que son ministre des Affaires étrangères, Djibril Bassolet, ait reçu une fin de non recevoir auprès des autorités nigériennes.
Ces dernières ont décidé de camper sur leur ligne dure de la non négociation avec le mouvement rebelle malgré la disposition affirmée par celui-ci pour le dialogue. Mais face à la détérioration de la situation dans le nord du pays, des initiatives nationales ont vu le jour notamment celles des chefs de tribus et notables touaregs qui se sont rendus en terre libyenne pour inciter le dirigeant libyen à s’impliquer dans le règlement pacifique de la crise. Mais devant les critiques acerbes de la presse nigérienne sur le soutien dont bénéficient les rebelles de la part de la Libye, le guide libyen qui avait accepté l’appel des dignitaires touaregs, s’était finalement replié sur lui-même en posant comme préalable que le président Tandja dise la vérité aux nigériens.
Devant l’échec de toutes ces tentatives, les députés, originaires du nord du pays avec à leur tête Brigi Rafini et Aghali Mano, ont décidé d’entreprendre des démarches visant à ramener la sérénité. C’est ainsi qu’après un séjour en Libye, les députés ont entrepris d’aller à la rencontre des rebelles le 2 octobre dernier. La mission parlementaire a séjourné pendant quelques jours dans le village de Timia situé dans les montagnes de l’Aïr. Selon le député Rafini, l’objectif de la mission était de « prendre contact avec les frères nigériens qui ont pris les armes, puis recueillir les avis concourant à la résolution de la crise ».
Mais leur courageuse tentative va se solder par un échec car les parlementaires n’ont pas pu rencontrer les dirigeants de la rébellion qui, au même moment étaient « en mission » dans un pays de la sous-région (Ndlr : voir L’Evénement 215). Les parlementaires ont tout de même affiché un certain optimisme promettant une seconde tentative dans les prochains jours. Mais ces démarches ont-elles une chance d’aboutir ? Rien n’est sûr car de part et d’autre, on ne semble pas disposé au dialogue qui serait pourtant bénéfique pour les habitants de la région.
Le pouvoir campe mordicus sur sa position en faveur d’une solution militaire à la situation. C’est dans ce cadre que le gouvernement a reçu une importante quantité de matériels militaires en provenance de la Chine. Côté rebelle, le chef Aghali Alambo avait affirmé sur les ondes de RFI son intention de reprendre les hostilités après la fin du mois de Ramadan. Déjà un véhicule appartenant à Médecins Sans Frontières a été enlevé, il y a quelques jours dans la région d’Agadez, même si cet enlèvement est porté sur le dos des hommes armés non identifiés. Alors comment croire au succès des différentes initiatives lorsque les événements de chaque côté tendent à les annihiler ?
Pourtant, seule cette issue pacifique peut être porteuse de lendemains meilleurs pour le pays. C’est ce qu’a préconisé la Commission Européenne qui avait au passage réitéré son attachement à la préservation de l’intégrité territoriale du Niger et du Mali, tous deux frappés par la résurgence du conflit armé. La confrontation armée ne peut qu’ouvrir des plaies qui seront non seulement difficiles à cicatriser, mais qui peuvent aussi être porteuses de germes d’un conflit futur.
Source : L’événement (Niger) |