Le chef des ex-rebelles touareg maliens Iyad Ag Ghaly et le rebelle dissident Ibrahim Ag Bahanga, auteur d’enlèvements et d’attaques contre l’armée, doivent se rencontrer à Alger pour "relancer" un processus de paix au point mort. "Iyad Ag Ghaly est à Alger pour rencontrer Ibrahim Ag Bahanga et les autorités algériennes pour relancer le processus de paix" avec le gouvernement malien, a déclaré un proche du chef des ex-rebelles touaregs maliens.
Selon lui, cette "relance" du processus de paix, passe par la libération d’une vingtaine d’otages toujours détenus par Ag Bahanga et "l’accélération" de l’application des accords de paix d’Alger signés en juillet 2006 entre Bamako et les ex-rebelles touaregs. Cet accord prévoit le renoncement à la lutte armée pour les Touareg et l’accélération par les autorités maliennes du développement des trois régions du nord du Mali, désertiques, qui abritent l’essentiel de la communauté touareg. Mais fin août dernier, Ag Bahanga, un chef rebelle touareg en rupture de ban, a déclenché plusieurs opérations contre l’armée dans la même région, kidnappant notamment une cinquantaine de personnes. A ce jour, une vingtaine d’entre-elles demeurent détenues.
TURQUIE - Libération des huit soldats turcs par le Pkk
Huit soldats turcs, qui étaient détenus par les séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (Pkk) dans le nord de l’Irak, sont rentrés hier en Turquie après avoir été libérés par le Pkk dans la matinée. Dans un communiqué, le gouvernement autonome du Kurdistan irakien a estimé que la libération des soldats était la conséquence des "efforts personnels du président de la région kurde, Massoud Barzani, du président Jalal Talabani et du Premier ministre de la région kurde Nechirvan Barzani".
L’armée turque, qui n’a jamais confirmé la capture des soldats mais avait indiqué avoir "perdu le contact" avec eux, a annoncé dans un communiqué que les militaires ont "réintégré les forces armées turques". Cette libération intervient à la veille d’une rencontre cruciale à Washington entre le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et le président américain George W. Bush.
M. Erdogan a affirmé samedi qu’il allait demander à M. Bush "des mesures urgentes et substantielles" contre le Pkk.
PAKISTAN : Musharraf décrète l’Etat d’urgence
Le président Pervez Musharraf a étendu hier son emprise sur le Pakistan, au lendemain de l’instauration de l’Etat d’urgence, faisant arrêter des centaines d’opposants, alors que les élections législatives prévues en janvier pourraient bien être reportées d’une année. L’ancien Premier ministre Benazir Bhutto, rentrée d’exil le 18 octobre et engagée dans des pourparlers pour un partage du pouvoir, a accusé le chef de l’Etat d’avoir mené "un second coup" d’Etat.
Islamabad, (Afp) - Depuis la proclamation samedi soir de l’Etat d’urgence, justifié, selon le général Musharraf, par le terrorisme islamiste et l’opposition de la Cour suprême, entre 400 et 500 personnes ont été arrêtées dans le pays.
Imran Khan, ex-star du cricket, devenu l’un des plus farouches opposants à Pervez Musharraf, a été assigné à résidence. Ont aussi été interpellés de nombreux chefs de file de l’opposition, des militants des droits de l’Homme et des avocats proches de l’ex-président de la Cour suprême, Iftikhar Mohammed Chaudhry.
Ce magistrat indocile, en poste depuis 2005 et épine au flanc du régime Musharraf, avait été brusquement évincé samedi et remplacé sur-le-champ. La Cour suprême est la première visée par l’Etat d’urgence. Elle contrariait depuis des mois les desseins du chef de l’Etat et devait se prononcer sur la légalité de sa réélection à la présidentielle du 6 octobre.
"Musharraf cherche à s’accrocher au pouvoir par tous les moyens", a accusé M. Khan.
Javed Hashmi, chef du parti de l’ex-Premier ministre en exil Nawaz Sharif, a aussi été appréhendé chez lui à Multan, dans le centre du Pakistan... Les Etats-unis, qui ont fait du général Musharraf leur allié-clé dans leur guerre contre le terrorisme, ont cependant jugé "très décevantes" ces mesures d’exception. "Nous allons devoir réexaminer notre aide", a prévenu la chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice... Benazir Bhutto a reconnu que le Pakistan était "au bord de la déstabilisation". Elle n’a toutefois pas exclu un accord avec le général Musharraf, s’il "rétablit la Constitution et (...) organise des élections libres, justes et impartiales".
Malgré le coup de tonnerre de l’Etat d’urgence, le Pakistan est resté calme hier. Les magasins étaient ouverts, bien que déserts et la circulation réduite au minimum, tandis que des membres des forces de l’ordre étaient déployés autour du Parlement, du palais présidentiel et de la Cour suprême à Islamabad.
Source : Le Quotidien Le Soleil |