L’INSA de Lyon participe avec le soutien de la Région, au sauvetage par numérisation, de milliers de manuscrits conservés depuis des siècles à Tombouctou. Mais il faudra pour réaliser ce travail parfois dans des localités très éloignés, apporter aussi l’énergie. Le photovoltaïque permettra d’alimenter des ordinateurs auxquels s’initieront les habitants.
Au quinzième siècle, Tombouctou, aujourd’hui au Mali, est une des capitales de la connaissance et de la culture. Vingt cinq mille étudiants fréquentent la ville qui est un centre commercial important, mais aussi un centre culturel où sont conservés entre 180 000 et200 000 manuscrits. Conservés par la sécheresse, et par un climat désertique qui a écarté les courants commerciaux de la ville pendant des siècles, les manuscrits sont
Depuis quelques mois restaurés avec l’aide de chercheurs de l’INSA de Lyon, et de la Région Rhône-Alpes
Ils ont été sauvés en quelques sorte par le climat. La sécheresse de la région de Tombouctou a offert un environnement sain pour ces supports fragiles papier, de parchemin, de peau de chamelle. Le climat désertique a écarté les grandes voies de circulation de Tombouctou. ET surtout, les propriétaires des manuscrits, des familles, les ont préservés pendant des générations, serrés dans des malles, des coffres, des greniers.
Les manuscrits de Tombouctou concentrent une partie de la richesse de la culture afro-musulmane. Ils contiennent des textes consacrés aux arts, aux sciences naturelles, à la pharmacopée, à l’astronomie, aux mathématiques, au commerce, à la politique, à la musique. Certains manuscrits sont vieux de près de dix siècles et ont voyagé, venant de Tolède, d’Agadir, de Tolède, de Fès ou du Moyen-Orient.
Depuis plusieurs années l’Etat malien a entrepris de sauver ce patrimoine aujourd’hui menacé par l’avidité d’acheteurs potentiels, et par les besoins que pourraient avoir certaines familles de se procurer des moyens financiers. En 1970, l’Etat malien a créé un centre de recherche et de conservation pour ces ouvrages conservés dans des bibliothèques privées, ou dans cinq bibliothèques de la ville de Tombouctou.
Mais la tâche est colossale, pour inventorier, protéger, transcrire ces textes.
La Région de Tombouctou a élaboré un projet déjà lancé de conservation, de recherche sur les techniques de rédaction des manuscrits.
Pour aller plus loin, une coopération a été lancée dans le cadre des liens qui existent depuis vingt ans entre Rhône-Alpes et la sixième région du Mali, dans les domaines sanitaires, administratif. L’INSA de Lyon a décidé de participer à la numérisation des manuscrits, avec une aide de 100 000 euros de Rhône-Alpes.
Le Laboratoire d’Informatique en Images et Systèmes d’Information, le LIRIS, est un unité mixte, INSA, Ecole Centrale de Lyon, CNRS, Universités Lyon 1 et Lyon 2.
La coopération a démarré et doit se dérouler en trois étapes.
La première étape est un état des lieux, avec la création d’un portail web, des accords avec les détenteurs des manuscrits. La deuxième étape est le lancement de l’inventaire et l’élaboration d’un catalogue, avec des chercheurs de l’Université Pierre Mendès France de Grenoble et de l’Université Lyon 3. Cette étape sera réalisée avec la société lyonnaise Ever Team, premier éditeur européen de solutions intégrées de gestion de contenu.
La troisième étape sera la numérisation, avec le lancement d’une recherche sur le contenu. Mais pour le moment, explique Hubert Emptoz, enseignant et chercheur en informatique à l’INSA, il faudra apporter de l’électricité pour les appareils de numérisation. Le photovoltaïque au secours des manuscrits.
Michel DEPROST Enviscope |